Selon une étude publiée dans Scientific Reports, les pattes longues femelles se livrent à la fellation pour dissuader les mâles lors des rencontres d'accouplement. L'étude, dirigée par le zoologiste Pavol Prokop de l'Université Comenius de Bratislava, révèle que les femelles de Phalangium opilio, communément appelées pattes longues communes, utilisent le sexe oral comme stratégie pour réduire les copulations non désirées avec leurs homologues masculins. Ce comportement met en évidence une dynamique évolutive entre les sexes dans laquelle les femelles cherchent à minimiser les risques associés à l'accouplement tout en permettant un certain niveau d'interaction avec les mâles.
L'équipe de recherche a recueilli 230 spécimens de Phalangium opilio, une espèce répandue dans toute l'Europe centrale, pour analyser leurs comportements d'accouplement. Les observations ont montré que les araignées mâles présentaient souvent des tendances agressives, notamment en mordant les femelles et, dans certains cas, en les consommant après l'accouplement. En revanche, les femelles ont démontré une résistance aux tentatives répétées d'accouplement, en particulier lorsqu'elles étaient approchées par plusieurs mâles.
La pratique de la fellation chez les araignées femelles représente une nouvelle stratégie dans le contexte du conflit sexuel. Contrairement à de nombreuses espèces d'araignées où les femelles dominent généralement l'agression pendant l'accouplement, les pattes longues de papa commun affichent un modèle différent. Ici, les mâles étaient plus susceptibles d'initier des confrontations physiques, incitant les femelles à développer des contre-mesures. En s'engageant dans la fellation, les femelles pourraient éventuellement éviter des séances d'accouplement prolongées, ce qui pourrait les exposer à un risque accru de blessure ou de dépense d'énergie.
Les chercheurs proposent que ce comportement permet aux femelles de contrôler la fréquence de l'accouplement, équilibrant ainsi la réussite reproductive avec la survie. À mesure que les femelles pondent plus d'œufs, leur durée de vie tend à diminuer, ce qui indique un compromis entre la reproduction et la longévité.
L'étude s'ajoute au nombre croissant de preuves montrant que les stratégies sexuelles varient considérablement d'une espèce à l'autre. Alors que certains animaux s'appuient sur la domination physique ou les signaux chimiques pour influencer les résultats de l'accouplement, d'autres utilisent des tactiques plus nuancées. Dans le cas de Phalangium opilio, l'utilisation de la fellation semble être une réponse adaptative au comportement agressif des mâles. Ce comportement souligne la complexité des systèmes d'accouplement des animaux et les diverses façons dont les organismes font face aux défis de la reproduction. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer à quel point ce comportement est répandu chez d'autres espèces de pattes longues et si des stratégies similaires existent dans des groupes d'arachnides apparentés.
Les scientifiques sont également intéressés à comprendre les mécanismes physiologiques derrière la sécrétion produite par le pénis du mâle, qui peut jouer un rôle dans l'encouragement ou la découragement de l'accouplement.
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