Selon des responsables, la souche Bundibugyo d'Ebola, responsable de l'épidémie qui s'intensifie rapidement dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), se révèle fatale avant même que les patients n'arrivent dans les établissements médicaux.
Mohamed Janabi, directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, s'est exprimé à Bunia, l'épicentre de l'épidémie dans la province d'Ituri, où le virus a coûté la vie à des centaines de personnes. Il a décrit la souche comme "nous dépassant", soulignant l'urgence d'améliorer les stratégies de réponse. Ses commentaires sont survenus après une récente visite à Bunia, sa cinquième depuis que l'épidémie a été officiellement déclarée le 15 mai. Au cours du voyage, il a visité plusieurs centres de traitement et s'est entretenu avec des dirigeants locaux pour évaluer pourquoi le nombre de morts reste alarmant. Les discussions ont révélé des lacunes critiques dans les systèmes de transport et de soins, la moitié des décès parmi les patients transportés étant attribués à des conditions inadéquates pendant le transit.
La concentration des ressources sanitaires à Bunia a créé un paradoxe: alors que la ville accueille les installations de traitement primaire, la distance entre les communautés rurales et ces centres signifie que de nombreux patients arrivent trop tard pour une intervention efficace. Ceux qui parcourent de longues distances se retrouvent souvent dans un état grave à leur arrivée, réduisant considérablement leurs chances de survie.
Pour atténuer ces problèmes, l'OMS vise à décentraliser les services de santé en établissant des installations de traitement plus proches des populations touchées. Cette stratégie comprend le lancement de campagnes de sensibilisation visant à éduquer les communautés sur la reconnaissance précoce des symptômes et le signalement rapide.
Depuis la détection du premier cas, les équipes locales ont identifié 159 contacts, dont 121 cas suspects, et étendu les efforts de surveillance aux communautés environnantes. En rapprochant les soins de santé des résidents et en promouvant l'intervention précoce, Aru a atteint deux semaines de zéro nouveau cas, un modèle qui pourrait guider des initiatives similaires ailleurs. Pendant ce temps, les discussions se poursuivent concernant l'introduction de vaccins. Un essai clinique impliquant Merck's Ervebo, conçu pour la souche Zaïre d'Ebola, est à l'étude pour le test contre la variante Bundibugyo.
Bien que les recommandations initiales aient été hésitantes, des preuves croissantes suggèrent que le vaccin pourrait offrir un certain niveau de protection croisée. L'OMS espère commencer l'essai dès que possible, bien que des questions subsistent quant à la disponibilité de doses de vaccin suffisantes pour une utilisation généralisée.
Leur participation reflète un effort plus large d'intégration des acteurs locaux dans les initiatives de santé publique, favorisant la confiance et la coopération dans les régions historiquement marquées par des conflits. Avec l'expansion de l'épidémie et l'augmentation du risque de transmission, l'accent est mis sur l'accélération des interventions qui donnent la priorité à la vitesse, à l'accessibilité et à la participation de la communauté. Les prochaines semaines détermineront si ces stratégies peuvent réduire efficacement les taux de mortalité et maîtriser l'épidémie.
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