Une quarantaine de 21 jours imposée par le gouvernement canadien pour les personnes revenant de régions touchées par Ebola a entravé la capacité du pays à contribuer efficacement à l'épidémie en cours en République démocratique du Congo, selon des travailleurs humanitaires et des organisations humanitaires. La mesure, introduite fin mai, a forcé plusieurs professionnels canadiens travaillant avec des groupes de secours internationaux à annuler ou à raccourcir leurs missions, malgré l'Organisation mondiale de la santé qualifiant l'épidémie actuelle de la plus rapide de l'histoire.
La mise en quarantaine doit expirer le 29 août, après quoi le gouvernement décidera de la prolonger ou non en fonction de nouvelles données et de discussions avec des partenaires internationaux. Lily-Madeleine Seguin, conseillère en promotion de la santé publique de l'équipe humanitaire mondiale d'Oxfam, se préparait à se déployer en RDC fin mai lorsque l'annonce de la mise en quarantaine a perturbé ses plans. Elle avait terminé toutes les préparations nécessaires, y compris la mise à jour de ses vaccinations, et était prête à commencer une affectation de deux mois. Cependant, la période d'isolement obligatoire était en conflit avec son congé sabbatique pré-programmé, l'empêchant de voyager.
Seguin a exprimé sa frustration face à la situation, affirmant que le Canada ne soutient pas pleinement sa capacité à aider dans de telles crises. Elle a appelé à des changements dans les règlements de quarantaine, soulignant que ce serait une étape relativement simple pour le pays. Seguin n'est pas la seule à exprimer ses inquiétudes. Les travailleurs humanitaires et les experts soutiennent que la quarantaine a considérablement limité l'implication du Canada dans la réponse à l'épidémie. Au moins 11 spécialistes canadiens affiliés à Médecins Sans Frontières (MSF), également connus sous le nom de Médecins Sans Frontières, ont annulé leurs affectations en raison des exigences de quarantaine, selon l'organisation.
Parmi les 23 Canadiens qui ont participé à l'intervention de MSF contre le virus Ebola en RDC, beaucoup n'ont pas pu poursuivre leur travail en raison des restrictions de voyage. Adam Houston, conseiller en politique médicale et plaidoyer de MSF Canada, a noté que l'impact s'étend au-delà de l'intervention contre le virus Ebola. Certaines des personnes touchées prévoyaient de se joindre à d'autres efforts humanitaires dans la région instable, et la quarantaine a limité leur participation. Il a souligné que ces mesures affectent la capacité globale des Canadiens à s'engager dans un travail humanitaire essentiel à l'étranger.
Mylene Ratelle, une responsable de la promotion de la santé embauchée par MSF, a expliqué qu'elle devait quitter la RDC plus tôt que prévu pour se conformer aux règles de quarantaine avant le début du semestre d'automne. Elle a critiqué le manque de justification scientifique derrière la quarantaine, soulignant que la transmission d'Ebola se produit principalement par contact direct avec les fluides corporels plutôt que par exposition aérienne. Ratelle, qui a précédemment travaillé avec l'agence de santé publique du Canada, a exprimé sa déception face à l'absence perçue d'une justification claire fondée sur des preuves pour les politiques frontalières strictes.
Le gouvernement canadien a reconnu la nécessité d'examiner les mesures de quarantaine et a déclaré qu'il consultait ses partenaires internationaux pour évaluer les dernières preuves avant de prendre une décision sur l'extension des restrictions.
Alors que l'épidémie continue de s'intensifier rapidement, les travailleurs humanitaires soulignent l'urgence de revoir la politique de quarantaine. L'OMS rapporte que l'épidémie a déjà entraîné plus de 2 500 décès parmi plus de 5 000 cas confirmés, la marquant comme la plus grave en termes de taux de croissance. À l'approche de la date limite, le gouvernement canadien devrait faire une annonce officielle concernant l'avenir des mesures de quarantaine.
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