Les chercheurs de l'Université de Nankai et de l'Université de technologie de Hebei ont créé une structure hybride composée de nanoclusters d'or enfermés dans une coquille protéique connue sous le nom de ferritine. Selon une étude publiée dans Nature Nanotechnology, ce matériau pourrait potentiellement offrir une nouvelle approche pour traiter la maladie d'Alzheimer en décomposant les agrégats de protéines toxiques qui s'accumulent dans le cerveau des patients.
Il a longtemps été associé à l'accumulation de protéines bêta-amyloïdes (Aβ), qui forment des plaques denses entre les cellules nerveuses. On pense que ces plaques interfèrent avec la communication cellulaire, déclenchent l'inflammation et conduisent à la mort neuronale. Les méthodes traditionnelles pour éliminer de telles plaques se sont avérées largement inefficaces, incitant les scientifiques à explorer des solutions innovantes. Le nanomatériau nouvellement développé combine la protéine naturelle ferritine avec des grappes d'atomes d'or étroitement emballés.
En encapsulant des nanoclusters d'or à l'intérieur de la ferritine, les chercheurs ont cherché à créer une structure biocompatible qui pourrait interagir spécifiquement avec les agrégats Aβ sans nuire aux tissus environnants. Xinglu Huang, chercheur principal impliqué dans le projet, a noté que le concept est né d'une découverte inattendue au cours de leurs expériences. Ils ont observé que le nanomatériau hybride était capable de briser les agrégats Aβ préformés. Cette découverte a suscité d'autres recherches sur la façon dont de tels matériaux pourraient être utilisés pour traiter la maladie d'Alzheimer plus efficacement que les nanomatériaux inorganiques précédents, qui interagissaient souvent avec les agrégats protéiques de manière non spécifique.
Pour améliorer l'efficacité et la sécurité du nanomatériau, l'équipe s'est concentrée sur la compréhension des mécanismes moléculaires précis de son interaction avec Aβ. Ils ont cherché à concevoir une structure qui s'engagerait de manière sélective avec les amas de protéines nocives tout en évitant les interférences avec les fonctions corporelles normales.
Les nanoclusters d'or semblent interagir avec les structures protéiques d'une manière qui les déstabilise, conduisant à leur dégradation. Contrairement aux traitements traditionnels, cette méthode ne repose pas sur des médicaments à large spectre qui peuvent affecter plusieurs parties du corps. Au lieu de cela, la nanostructure est conçue pour se concentrer exclusivement sur les amas de protéines pathologiques. L'équipe de recherche a souligné que la biocompatibilité du matériau est un facteur critique dans son application potentielle. La présence naturelle de la ferritine dans le corps humain réduit le risque de rejet immunitaire ou de toxicité, ce qui en fait un candidat prometteur pour de futurs essais cliniques.
Cependant, des défis subsistent dans la traduction de cette technologie du laboratoire à l'utilisation médicale dans le monde réel. D'autres études seront nécessaires pour évaluer la stabilité du matériau, les mécanismes de livraison et les effets à long terme sur les organismes vivants. Les experts dans le domaine suggèrent que cette percée pourrait ouvrir de nouvelles voies pour le traitement de la maladie d'Alzheimer. Si elle est couronnée de succès dans les tests ultérieurs, le nanomatériau pourrait fournir une thérapie ciblée qui traite l'une des pathologies principales de la maladie. Les chercheurs prévoient de continuer à affiner la conception et d'explorer les méthodes possibles pour administrer la nanostructure de manière sûre et efficace chez l'homme.
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