À l'intérieur d'un laboratoire de biomédecine de Polytechnique Montréal, des chercheurs en blouses blanches extraient des échantillons à l'aide de grandes seringues d'une solution orange bouillonnante. Des bouteilles en verre soigneusement étiquetées remplies de liquide clair sont placées à côté d'un écran d'ordinateur, où les scientifiques analysent les anticorps produits par les cellules. Dans une pièce séparée, un grand congélateur cryogénique contient des tubes de protéines et de cellules qui pourraient être utilisés pour créer des vaccins et des traitements. Ce laboratoire fait partie d'un effort plus large visant à préparer le Canada à de futures pandémies, six ans après le choc mondial de l'épidémie de COVID-19.
L'installation est au cœur d'une initiative fédérale connue sous le nom de Ramp Up, qui rassemble des institutions de recherche à travers le Canada pour remédier aux faiblesses des capacités de biomanufacturation du pays. Le chercheur en chef Gregory De Crescenzo a souligné que, bien qu'il soit impossible de prédire le moment et la nature de la prochaine pandémie, la préparation est essentielle. Ses commentaires ont souligné l'urgence de renforcer la résilience face aux crises sanitaires potentielles. De Crescenzo a souligné l'importance de reconstruire la confiance du public dans la science médicale, en particulier à la suite de la propagation de la désinformation sur les vaccins pendant la pandémie.
Il a noté que le programme Ramp Up vise à accélérer le développement de vaccins et de produits biomédicaux tout en offrant une formation pratique aux étudiants. Bien que le laboratoire se concentre principalement sur les virus tels que la grippe et la grippe aviaire, ses recherches ont de larges applications, aidant potentiellement dans le traitement de diverses maladies. L'initiative vise également à tirer des leçons des échecs passés, en particulier pendant les premiers stades de la crise COVID-19, lorsque la coordination entre les organismes gouvernementaux, les institutions universitaires et les acteurs de l'industrie faisait défaut. L'un des principaux défis identifiés par Ramp Up est la capacité limitée du pays à produire des vaccins à grande échelle.
Le Canada s'appuie fortement sur les importations, ce qui crée des vulnérabilités dans la chaîne d'approvisionnement. Pour remédier à cela, le laboratoire utilise un équipement similaire à celui des laboratoires commerciaux, y compris des tubes spécialisés pour la culture de cellules et des congélateurs de qualité industrielle pour la conservation des matériaux biologiques pendant de longues périodes. Les laboratoires partenaires aident à identifier les composants clés, tels que les anticorps ou les protéines virales, que l'équipe de Polytechnique développe ensuite et évolue pour la production industrielle. De Crescenzo a comparé les opérations du laboratoire à l'élaboration de recettes, expliquant que chaque étape est méticuleusement documentée, vérifiée et approuvée avant d'être transférée aux installations de fabrication.
Il a reconnu que, bien que des progrès aient été réalisés depuis le début de la pandémie, d'autres travaux sont nécessaires pour s'assurer que ces processus puissent être intégrés de manière transparente dans une production à plus grande échelle. Il a souligné que la collaboration entre les agences gouvernementales, les institutions universitaires et l'industrie privée évoluait encore, nécessitant du temps et des efforts soutenus pour construire un système plus résilient. Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses à l'Université de Toronto, a fait écho à ces sentiments, soulignant la nécessité d'une approche coordonnée et multisectorielle de la préparation à la pandémie. Il a fait valoir qu'aucun laboratoire ne pouvait seul faire face aux complexités des urgences de santé publique.
Au lieu de cela, il a plaidé en faveur d'une stratégie globale impliquant l'action du gouvernement, l'engagement de la société et des améliorations dans des secteurs autres que les soins de santé, tels que les transports, la sécurité alimentaire et les infrastructures de santé publique. Il a cité la réponse du Canada à une épidémie de hantavirus sur un navire de croisière plus tôt cette année comme un exemple de la façon dont la coopération intersectorielle peut améliorer la préparation. Bogoch a salué l'investissement du gouvernement dans la biomédecine, mais a averti qu'une attention supplémentaire est nécessaire pour renforcer d'autres domaines critiques.
Il a noté que, bien que les outils nécessaires à la préparation existent, de nombreux défis auxquels la nation est confrontée découlent de problèmes politiques et systémiques plutôt que de limitations purement scientifiques.
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