À travers tout l'Hexagone, une chaleur intense se fait déjà ressentir , jeudi 18 juin. Et dans les salles de classe, les élèves suffoquent. En réaction, divers établissements ont annoncé des "aménagements" pour la fin de la semaine, suspendant les cours après une certaine heure. De son côté, le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé la mise en place d'ajustements locaux pour les élèves passant les épreuves du baccalauréat et du brevet.
Ce n'est pas la première fois qu'une vague de chaleur comme celle-ci vient perturber la fin de l'année scolaire. En 2019, plusieurs épreuves du brevet des collèges avaient dû être reportées . L'an passé, en 2025, 2 000 établissements avaient quant à eux fermé quelques jours avant la date officielle des congés d'été.
Alors que ces épisodes caniculaires sont amenés à se multiplier et à s'intensifier sous l'effet du dérèglement climatique, le débat est relancé : faut-il durablement ajuster le calendrier scolaire pour mieux prendre en compte ces hausses du mercure ? Quels enseignements peut-on tirer du fonctionnement de nos voisins du sud de l'Europe, l'Espagne ou l'Italie, déjà habitués depuis longtemps à ces situations extrêmes ?
De plus en plus d'établissements concernés
Pendant longtemps, les établissements scolaires français étaient en effet épargnés par les températures extrêmes. Pour une raison simple : les cours étaient déjà terminés et les enfants en vacances quand la chaleur estivale s'installait.
Cette problématique touchait principalement le sud de l'Espagne, l'Italie ou encore la Grèce, au climat plus aride. Les élèves subissent déjà "le plus grand nombre de journées de forte chaleur", selon un rapport de l'Observatoire européen du climat et de la santé . Dans le détail, selon cet organisme, environ 5 % des établissements scolaires européens, majoritairement ceux situés dans le sud de l'Europe, subissent aujourd'hui des journées à plus de 30°C pendant l'année scolaire.
Mais avec le dérèglement climatique, cette réalité change : il fait plus chaud plus tôt et plus souvent partout sur le continent. D'après l'institut européen Copernicus, l'Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 1980, avec des températures élevées de mai à octobre.
D'ici 2050, si la trajectoire actuelle se poursuit, le nombre d'établissements concernés par ces vagues de chaleur où la température dépasse les 30°C s'élèvera à environ 31 500, soit 9 % du total, puis à 25 % en 2100. Et la France se retrouvera en première ligne.
Allonger les vacances d'été ?
Pour s'adapter, certains évoquent une idée assez radicale : allonger les vacances d'été en y intégrant les mois de juin et de septembre.
En France, les "grandes vacances" débutent officiellement le 4 juillet, bien plus tard que dans plusieurs pays d'Europe du Sud. Et les vacances sont plus courtes, 56 jours, contre 97 en Italie ou encore 77 en Espagne, détaille Eurydice, le réseau d'information sur l'éducation de la Commission européenne . Pour les jeunes Italiens, les cours s'achèvent ainsi généralement entre le 6 et le 11 juin pour reprendre à la mi-septembre.
Pour autant, disposer des vacances d'été les plus longues d'Europe ne suffit pas à protéger les écoliers contre les fortes chaleurs en classe. Les alertes sur les classes en surchauffe font régulièrement la une des médias locaux. Le 28 mai, encore, la presse italienne relatait par exemple le cas d'une élève de 12 ans, conduite à l'hôpital après un malaise dans une école d'Émilie-Romagne, dans le nord du pays, à cause de la chaleur.
Le débat est donc vif sur le sujet. En septembre 2025, un syndicat enseignant, l'Anief, appelait ainsi à rallonger encore les congés à l'occasion d'une rentrée caniculaire. "On ne peut pas continuer avec le même calendrier scolaire qu'il y a cinquante ans à l'heure du changement climatique", alertait Marcello Pacifico , dirigeant de ce syndicat.
Mais en face, des milliers de parents d'élèves plaidaient pour le scénario inverse. Plus de 76 000 personnes avaient signé une pétition organisée par l'ONG We World visant à l'inverse à raccourcir les vacances d'un mois. Leur principal argument : au-delà de la question climatique, plus les vacances sont longues, plus cela pénalise les enfants des parents qui travaillent et ne peuvent pas leur offrir 1001 activités pendant les congés.
À cela s'ajoute un autre problème : laisser les enfants chez eux plus longtemps n'est pas toujours l'option la plus bénéfique pour eux, alertait en mars lors d'une conférence organisée par l'OCDE Conceicao Pinheiro, une enseignante de la région de Porto, au Portugal, un pays lui aussi fortement touché par cette problématique. "On l'a vu pendant la pandémie de Covid-19, pour certains élèves, l'école reste un sanctuaire important et il est important de ne pas les laisser éloignés trop longtemps."
Un constat partagé en France par Fatima Souchi, membre du syndicat des directrices et directeurs d'école, et directrice d'une école primai…
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