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FranceCulture2 days ago

A brush for one weapon: who was the Russian dissident artist Skrepetski, shot dead in Poland?

The article discusses the assassination of Semion Skrepetski, a Russian artist in exile known for his satirical and neo-primitive paintings. He was shot dead in Biała Podlaska, Poland, near the Belarus border. The article notes that Skrepetski often depicted political figures such as Stalin, Putin, and Ramzan Kadyrov in provocative ways. It mentions that he organized a protest in Berlin before his death, holding up an emblematic painting of Stalin cradling Putin.

Cinq coups de feu, tirés à bout portant, l'ont touché à la tête, à la poitrine et dans le dos. Tels furent les derniers instants de l’artiste russe en exil Semion Skrepetski, connu pour ses peintures satiriques et néo-primitivistes, abattu lundi 15 juin à Biala Podlaska , une ville de Pologne située près de la frontière avec la Biélorussie .

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Qu’il s’agisse d’un tableau de style russe orthodoxe représentant le dirigeant soviétique Joseph Staline berçant Vladimir Poutine , ou d’une représentation du dirigeant tchétchène pro-russe Ramzan Kadyrov en prostituée, l’artiste caricaturait un large éventail de figures politiques.

Skrepetski cultivait souvent l’absurde et y mêlait une bonne dose de provocation. Dans ses œuvres, il privilégiait les couleurs vives et éclatantes, qualifiant son art de "psychédélisme" et de "skrepréalisme". Communisme, dictateurs, exil, mort : "Mieux vaut se moquer de ces sujets pesants que d’être écrasé par eux", semblait être sa devise.

Ainsi s’est-il diverti, lui et son public international, jusqu’à la toute fin. Le vendredi précédant son assassinat, il avait organisé une manifestation dans les rues du centre de Berlin à l’occasion de la Journée de la Russie , brandissant son tableau emblématique dans lequel Staline tient Poutine dans ses bras comme la Vierge berce l’enfant Jésus dans l'iconographie chrétienne, avant de sortir un drapeau russe de son pantalon et de le jeter dans une poubelle. Ce fut son dernier acte de défi contre l’autoritarisme, qu’il détestait sous toutes ses formes.

"Son meurtre constitue un événement sans précédent en Pologne. Il a profondément choqué de nombreuses personnes et a accru les inquiétudes des militants et journalistes biélorusses vivant ici", confie un exilé biélorusse installé à Varsovie. "Compte tenu de l’histoire de la répression transnationale dans la région, beaucoup s’inquiètent désormais pour leur propre sécurité et leur avenir."

La fuite en Pologne, et l'incertitude

Semion Krepetski, de son vrai nom Robert Kouzovkov, est né en 1981 dans un village de l’Altaï, une région montagneuse de Russie limitrophe du Kazakhstan et de la Mongolie. Quarante ans plus tard, il émigre en Pologne dans un contexte de troubles régionaux. Les résultats de l’élection présidentielle biélorusse de 2020 provoquent une vague de manifestations massives et une répression sévère des contestataires par le régime du président Alexandre Loukachenko , soutenu par Moscou. Plusieurs centaines de Biélorusses demandent alors l’asile en Pologne et en Lituanie. Parmi eux se trouvent plusieurs Russes, dont Skrepetski.

Les émigrés se retrouvent dans une situation de grande incertitude. Leur foyer n’est qu’à quelques centaines de kilomètres, mais ils ne peuvent pas y retourner. Il leur est également difficile d’envisager un avenir dans leur pays d’accueil. Les politiques gouvernementales à l’égard des réfugiés changent sans cesse, et les actes de sabotage perpétrés par des agents russes, impliquant souvent de jeunes exilés vulnérables, accentuent le sentiment de peur et de paranoïa au sein de la population locale.

Cependant, l'artiste réussit rapidement à faire venir sa femme et ses cinq enfants à Biala Podlaska, où il loue un appartement spacieux dans la partie nord de la ville. Il y reprend son travail, s’asseyant à sa table jonchée de feutres et se filmant en train de colorier patiemment ses dessins. Le militantisme est son oxygène et son carburant.

Rapidement, son activisme se renforce et ses œuvres se multiplient – tout comme les cibles de ses attaques.

Dans des vidéos récentes publiées sur Facebook, il porte son béret emblématique et exhibe ses bras couverts de tatouages. Avec l’aisance d’un strip-teaseur, il retire ses vêtements couche après couche pour dévoiler des t-shirts arborant des messages provocateurs tels que "La Russie est une prison des nations" ou "Culture russe" écrit en lettres de sang, qui coule sur une poupée russe à l’effigie de Vladimir Poutine.

Dans un tableau emblématique de Skrepetski, Joseph Staline tient Vladimir Poutine dans ses bras comme la Vierge berce l’enfant Jésus dans l'iconographie chrétienne. © Semion Skrepetski via Facebook

Poutine, Loukachenko, Kadyrov, Navalny, Zelensky...

Les régimes en décomposition et les dictateurs – comme Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko – qui les dirigent constituaient sa cible principale. Taquiner sans relâche Ramzan Kadyrov faisait également partie de ses habitudes. Artiste polyvalent, il avait créé un taille-crayon représentant le dirigeant tchétchène à quatre pattes, la pointe du crayon étant conçue pour le sodomiser.

Mais l’opposition russe était également dans son collimateur, avec des critiques particulièrement virulentes à l’encontre du défunt leader de l’opposition russe Alexeï Navalny et de son épouse Ioulia Navalnaya. Le président Volodymyr Zelensky, et même le peuple ukrainien, étaient également devenus l'objet de s…

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France 24 (Français)State / PublicCenter2 days ago
A brush for one weapon: who was the Russian dissident artist Skrepetski, shot dead in Poland?

The article discusses the assassination of Semion Skrepetski, a Russian artist in exile known for his satirical and neo-primitive paintings. He was shot dead in Biała Podlaska, Poland, near the Belarus border. The article notes that Skrepetski often depicted political figures such as Stalin, Putin, and Ramzan Kadyrov in provocative ways. It mentions that he organized a protest in Berlin before his death, holding up an emblematic painting of Stalin cradling Putin.

Bias read (Center): The article provides a factual account of the artist’s life, work, and death without overtly favoring any political perspective. It describes his artistic themes and actions objectively, with no clear ideological framing or biased language.