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FranceCrime13 days ago

Lyhanna: "dysfunctional" or lack of justice in France?

Following the discovery of Lyhanna's body, French Justice Minister Gerald Darmanin has taken action by convening all prosecutors general to review cases involving child victims, particularly focusing on the handling of complaints against Jerome B., the main suspect in Lyhanna's murder. The minister emphasized his authority to propose sanctions, including dismissal, against prosecutors if necessary. This comes after criticism of the Toulouse and Auch prosecutors' offices for their delayed response to a previous complaint filed by the mother of a 10-year-old girl.

Quatre jours après la découverte du corps de Lyhanna , Gérald Darmanin continue d'occuper le terrain : le garde des Sceaux multiplie les interventions dans les médias et sonne le rappel des troupes au sein du ministère de la Justice. Lundi 8 juin, il réunissait l'ensemble des procureurs généraux pour leur demander une revue complète des plaintes concernant des enfants victimes, au nombre d'environ 70 000 .

Un travail titanesque censé éviter un nouveau fiasco, après celui essuyé par les parquets de Toulouse et d’Auch. En cause, la manière dont ils ont traité la plainte pour viol déposée en août dernier par la mère d’une enfant de 10 ans, qui accusait déjà Jérôme B., le principal suspect dans le meurtre de Lyhanna, à l'époque impliqué dans d'autres affaires d'agressions sur mineures. Neuf mois après le dépôt de cette plainte, le suspect n'avait toujours pas été entendu.

Le ministre de la Justice a indiqué dimanche sur LCI qu'il avait "le droit de proposer des sanctions" contre les magistrats du parquet, placés directement sous la tutelle de la Chancellerie dans le système judiciaire français. "Et si cela mérite la révocation, je proposerai la révocation", a lancé Gérald Darmanin.

Un peu plus tôt, la Conférence nationale des procureurs généraux et la Conférence nationale des procureurs de la République avaient rappelé dans un communiqué que les "parquets sont eux-mêmes tributaires de la capacité d’investiguer […] des services de police et de gendarmerie, qui font face à ces stocks de dossiers et à des délais de traitement alarmants", ajoutant que "dans l’attente des conclusions des inspections, d’éventuelles responsabilités ne peuvent être mentionnées et encore moins de prochaines sanctions".

Trois procureurs pour 100 000 habitants

Une manière de recadrer le débat sur la question des moyens mis à la disposition des procureurs pour faire avancer les dossiers. Argument balayé par l'exécutif dès vendredi, d'abord par Emmanuel Macron, en marge d’ un déplacement au Monténégro , puis par Gérald Darmanin, qui avait estimé que "l’argument des moyens n’est pas un bon argument".

Pour le prouver, le gouvernement met en avant les efforts budgétaires consentis depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir en 2017. En sept ans, le budget du ministère de la Justice a en effet augmenté de 48,5 %, passant de 6,8 milliards d’euros à 10,1 milliards en 2024. Cependant, cet argent ne sert pas qu'à assurer la bonne marche des tribunaux : dans le projet de loi de finances 2026, sur les 1 600 postes à temps plein créés, plus de la moitié concernent l'administration pénitentiaire.

Si les efforts sont réels, le compte n'y est pas, estiment les syndicats de magistrats, qui pointent du doigt le retard accumulé par la France. Selon les calculs réali sés en 2024 par la Commission européenne pour l'efficacité de la justice , la France est l’un des pays de l'UE qui investissent le moins dans leur justice, avec 77 euros par habitant, loin derrière l’Espagne (96), l’Italie (100), la Belgique (102) ou encore l’Allemagne (136).

À lire aussi Affaire Lyhanna : le récit d'une semaine d’angoisse et de révélations autour du principal suspect

"Avec une moyenne de trois procureurs pour 100 000 habitants, les parquets et les services d’enquête (police et gendarmerie) font face à un goulet d’étranglement structurel", rappelle l'Union syndicale des magistrats (USM) , qui dénonce "la volonté de l’exécutif de désigner des coupables idéaux au sein des parquets pour s’exonérer de ses propres responsabilités".

À ce déficit de magistrats chargés d'enquêter et de poursuivre s'ajoute un manque criant de greffiers, ces personnels de l'ombre chargés d'enregistrer les demandes des plaignants et de rédiger les actes, indispensables au bon fonctionnement de la justice.

"On demande à la justice beaucoup trop de choses. Cela fait quinze ans qu'on attend la publication d'un rapport sur l'évaluation de la charge de travail des magistrats. Les différents gardes des Sceaux, que ce soient [Éric] Dupond-Moretti ou [Gérald] Darmanin, l'ont remisé à chaque fois. Ils ne veulent pas le sortir, car tout le monde sait que ses premières conclusions objectivent le fait qu'il faudrait deux à trois fois plus de magistrats en France", pointe Jérôme Pauzat, premier vice-président de la cour d'appel de Nancy et coprésident de l'association A.M.O.U.R. de la justice.

Sur le terrain, certaines juridictions sont plus affectées que d'autres par ce manque de moyens. Exemple avec le parquet d'Auch, directement concerné par l'affaire Lyhanna. En avril 2025, un député du Gers, David Taupiac, avait alerté sur les difficultés du tribunal lors d’une séance de questions au gouvernement. Parmi les postes vacants à l'époque figurait notamment celui d'un magistrat chargé de la protection des mineurs.

"Tout est prioritaire"

Pour défendre son bilan, Gérald Darmanin tente de mettre en avant les différentes circulaires publiées par son ministère. À son arrivée à la chancellerie, il avait notamment listé deux…

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Source document: Minister of Justice Gerald Darmanin

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France 24 (Français)State / PublicCenter13 days ago
Lyhanna: "dysfunctional" or lack of justice in France?

Following the discovery of Lyhanna's body, French Justice Minister Gerald Darmanin has taken action by convening all prosecutors general to review cases involving child victims, particularly focusing on the handling of complaints against Jerome B., the main suspect in Lyhanna's murder. The minister emphasized his authority to propose sanctions, including dismissal, against prosecutors if necessary. This comes after criticism of the Toulouse and Auch prosecutors' offices for their delayed response to a previous complaint filed by the mother of a 10-year-old girl.

Bias read (Center): The article presents facts and quotes officials without overtly favoring any political side. It reports on actions taken by the Justice Minister and mentions concerns raised by legal professionals without taking a stance on whether the issues stem from 'dysfunction' or lack of resources.

Official sources cited

  • government Minister of Justice Gerald Darmanin
  • government Conférence nationale des procureurs généraux
  • government Conférence nationale des procureurs de la République

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  • governmentConférence nationale des procureurs généraux
  • governmentConférence nationale des procureurs de la République