Une nouvelle étude suggère que l'âge d'une mère peut avoir des effets inattendus sur les cellules de sa progéniture, et ces effets semblent réversibles. Des chercheurs dirigés par la biologiste Kristin Gribble du Marine Biological Laboratory de Woods Hole ont examiné comment l'âge maternel influence les générations futures par des mécanismes épigénétiques plutôt que par des mutations génétiques. Les résultats ont été publiés dans The American Naturalist et remettent en question les hypothèses de longue date sur la transmission des traits biologiques.
Contrairement aux amphibiens et aux reptiles utilisés par le chercheur du début du XXe siècle Paul Kammerer, dont le travail controversé sur l'évolution lamarquiste a été discrédité après sa mort, les rotifères se reproduisent rapidement et permettent aux scientifiques d'observer les changements générationnels plus efficacement.
Cependant, les causes sous-jacentes n'étaient pas claires jusqu'à récemment. Traditionnellement, les chercheurs croyaient que les dommages cellulaires accumulés au fil du temps pouvaient être transmis aux générations suivantes. Mais l'équipe de Gribble a trouvé des preuves suggérant un mécanisme différent en jeu. Leurs expériences avec deux lignées génétiques de Brachionus manjavacas, un type de rotifer, ont révélé que les conséquences négatives associées à l'âge avancé de la mère ne s'accumulaient pas sur plusieurs générations. Au lieu de cela, ces effets ont disparu au cours d'une seule génération.
Au lieu de cela, les résultats indiquent une explication épigénétique, impliquant des modifications chimiques des gènes qui affectent leur expression sans altérer la séquence d'ADN elle-même.
Cependant, l'épigénétique moderne a relancé certains de ses concepts de base, montrant que l'information non génétique peut effectivement être transmise et potentiellement modifiée dans les générations ultérieures. La recherche de Gribble met en évidence comment les influences environnementales, telles que l'âge d'une mère, peuvent façonner la biologie de sa progéniture par des voies épigénétiques. Cette découverte ajoute à la preuve croissante que les expériences et les conditions au cours de la vie d'un organisme peuvent laisser des marques sur son génome qui peuvent être transmises aux descendants.
Les chercheurs continueront d'étudier comment ces signaux épigénétiques fonctionnent et s'ils peuvent être ciblés pour atténuer les effets nocifs. D'autres études sont nécessaires pour déterminer la portée complète de ces résultats et leur pertinence pour la santé humaine. Pendant ce temps, la recherche contribue à une conversation scientifique plus large sur la façon dont les traits biologiques sont façonnés non seulement par la génétique, mais aussi par l'environnement et les expériences de vie.
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