Une nouvelle étude menée par l'Université de l'Alberta a révélé des informations alarmantes sur les impacts écologiques à long terme de la déforestation dans les forêts boréales. Selon la recherche, plusieurs espèces de flore et de faune ont du mal à se rétablir même un siècle après la cessation des activités d'exploitation forestière. Cette constatation soulève des inquiétudes quant à la durabilité des pratiques forestières actuelles et à la perte potentielle de biodiversité dans ces écosystèmes critiques.
L'équipe de recherche a mené une analyse globale complète axée sur les effets de l'abattage - dans lequel tous les arbres d'une zone donnée sont enlevés - sur diverses espèces présentes dans les forêts boréales.
Le docteur Ellen Macdonald, biologiste et auteur principal de l'étude, a souligné que si certaines espèces se rétablissent rapidement, d'autres doivent faire face à des périodes de récupération prolongées. Par exemple, certaines espèces de plantes vasculaires et de mousses dans les forêts à feuilles larges à croissance rapide montrent des signes de récupération dans les 12 à 25 ans.
En particulier, les coléoptères qui dépendent du bois mort pour leur survie n'ont montré aucun signe de récupération dans les délais examinés.
Anne McIntosh a souligné l'importance de la biodiversité dans le maintien de la santé des forêts boréales. Elle a noté que chaque espèce joue un rôle unique dans l'écosystème, contribuant à diverses interactions qui soutiennent la vitalité globale de la forêt.
Les chercheurs ont analysé 190 ensembles de données couvrant l'Amérique du Nord, l'Europe et la Russie. Ils ont classé les forêts en fonction des types d'arbres, y compris les espèces à feuilles larges comme l'épinette et le bouleau, les espèces de conifères comme l'épinette et le pin, et les variétés mixtes.
Cependant, le processus de récupération varie considérablement selon le type de forêt. Les forêts mixtes et conifères présentent des taux de récupération nettement plus lents. Par exemple, les petits mammifères peuvent avoir besoin de plus de 55 ans pour restaurer leurs populations, tandis que les plantes à fleurs peuvent prendre jusqu'à 85 ans. Les lichens et les mousses, essentiels à la stabilité du sol et au cycle des nutriments, peuvent ne pas se rétablir complètement avant plus de 100 ans. Les coléoptères dépendants du bois mort pour leur survie n'ont montré aucun signe de récupération pendant la période d'étude.
Pour atténuer les effets néfastes de la déforestation, les chercheurs suggèrent de mettre en œuvre des pratiques forestières alternatives. La récolte de rétention, qui consiste à laisser plus d'arbres vivants et de bois mort en place, pourrait créer des conditions appropriées pour la récupération des lichens et des mousses à croissance lente.
Ces stratégies deviennent de plus en plus vitales pour les espèces nécessitant des périodes de récupération prolongées. Alors que la demande de bois continue d'augmenter, les implications de ces résultats soulignent la nécessité de pratiques forestières durables qui donnent la priorité à l'équilibre écologique aux côtés des intérêts économiques. L'étude sert d'avertissement aux décideurs politiques et aux leaders de l'industrie pour qu'ils reconsidèrent les protocoles d'exploitation forestière actuels et adoptent des mesures qui assurent la santé à long terme des forêts boréales.
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