La Maison russe de Berlin fait face à des pressions croissantes pour la fermer après l'émergence de nouvelles allégations selon lesquelles elle sert de couverture pour les activités de renseignement russes.
Selon des documents obtenus par le média CORRECTIV, le gouvernement français a émis un ordre d'expulsion contre la citoyenne russe Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France, pour ses tentatives de prendre le contrôle du poste de direction vacant à la Maison russe à Berlin. Le document, communiqué à CORRECTIV, indique que Fedorova avait affirmé que le réarmement militaire de l'Allemagne constituait une menace pour la paix européenne, tentant ainsi de semer la division parmi les nations européennes. Cette affirmation est l'une des nombreuses raisons données par le ministère français pour son expulsion, qui souligne les inquiétudes croissantes concernant l'influence de la Maison russe et ses liens possibles avec des campagnes de désinformation parrainées par l'État.
La Maison russe, exploitée par Rossotrudnitshestvo, un organisme du ministère russe des Affaires étrangères, fait depuis longtemps l'objet de sanctions imposées par l'Union européenne depuis 2022.
Cependant, cette décision reste non contraignante jusqu'à ce qu'un appel potentiel devant le tribunal administratif bavarois soit résolu. La décision du tribunal souligne l'incertitude juridique en cours entourant le statut de l'institution et son fonctionnement continu dans des conditions restreintes. Le discours politique autour de la Maison russe est devenu de plus en plus important, en particulier pendant la campagne électorale actuelle à Berlin. Le candidat du SPD Steffen Krach a publié une photo de lui-même devant la Maison russe sur Instagram, accompagnée d'une déclaration critiquant le rôle de l'institution dans la promotion de l'influence russe.
Il a appelé le gouvernement fédéral à revoir régulièrement les mesures visant à freiner les activités de la Maison russe, soulignant la nécessité d'une action plus décisive.
Un accord permet à chacune des parties de mettre fin à l'arrangement tous les cinq ans, avec un préavis requis six mois avant l'expiration. La date limite d'un tel avis est actuellement le 6 décembre. En vertu de l'article 5, paragraphe 4 de l'accord régissant les activités de l'institution, les deux parties doivent échanger des informations sur les événements prévus. Une réponse du ministère allemand des Affaires étrangères à Wagener en date du 21 juillet 2026 a noté que le gouvernement avait pris des mesures à la suite du déclenchement du conflit, bien que la nature exacte de ces actions reste incertaine. Ce manque de transparence alimente davantage le scepticisme quant à la légitimité de la Chambre russe et à son alignement sur les valeurs démocratiques.
Pendant ce temps, des personnalités politiques de tout le spectre ont exprimé leurs inquiétudes. L'expert en politique étrangère de la CDU, Roderich Kiesewetter, a décrit la Maison russe comme "un symbole de notre faiblesse" et a accusé l'Allemagne de permettre à l'influence russe de se développer sans contrôle. Il a fait valoir que la forte consommation d'énergie de l'institution et sa programmation culturelle inhabituelle suggéraient des objectifs cachés, impliquant peut-être des agents de renseignement. De même, la représentante du FDP, Marie-Agnes Strack-Zimmermann, a condamné la Maison russe comme une menace directe pour la liberté, exhortant à une action immédiate pour la fermer. Alors que le débat s'intensifie, le sort de la Maison russe semble de plus en plus incertain.
Avec les procédures judiciaires en cours et la pression politique croissante, les prochains mois détermineront probablement si l'institution restera ouverte ou sera définitivement fermée, marquant un moment charnière dans l'approche de l'Allemagne pour gérer l'influence étrangère.
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