Les traducteurs de contenus audiovisuels en Slovénie ont appelé à des mesures urgentes pour protéger la profession et assurer la qualité de la langue slovène dans un contexte de numérisation rapide. Les membres du syndicat Zasuk, représentant les traducteurs audiovisuels, ont envoyé des demandes formelles à Pro Plus et aux agences de traduction exigeant l'amélioration des conditions de travail et des tarifs normalisés par le biais de conventions collectives. Ils anticipent des réunions avec des représentants du syndicat et des autorités compétentes. Les traducteurs affirment que le slovène de haute qualité dans le contenu audiovisuel n'est plus garanti, bien que les sous-titres soient une source principale d'informations écrites pour beaucoup.
Ils accusent les radiodiffuseurs et les agences intermédiaires de forcer les traducteurs à utiliser des traductions automatiques pour maximiser les profits. Les conditions de travail des traducteurs se sont considérablement détériorées, avec des délais plus courts, des salaires plus bas et des normes de qualité réduites. Selon leur appel public, la plus grande chaîne de télévision commerciale, Pro Plus, exerce la plus grande pression sur les travailleurs. Le syndicat affirme que les traducteurs sont de plus en plus traités comme des éditeurs sous-payés de contenu généré par des machines de faible qualité, et prévient qu'ils pourraient bientôt être entièrement exclus du processus.
Le syndicat s'est adressé à cinq institutions clés, au ministère de la Culture, au service de la langue slovène, au ministère de l'Économie, du Travail et du Sport, ainsi qu'à d'autres organismes concernés, avec des demandes spécifiques.
Il s'agit notamment de l'élaboration d'une stratégie nationale pour le développement de la langue slovène à l'ère de l'intelligence artificielle, de l'établissement de normes de qualité claires pour la traduction et le sous-titrage de contenus audiovisuels en collaboration avec les organisations communautaires, du renforcement de la surveillance de la qualité linguistique dans les médias et les plateformes de diffusion en continu, de la protection des traducteurs contre les pratiques qui les obligent à utiliser des traductions automatiques inappropriées et de la reconnaissance du travail des traducteurs, des relecteurs et d'autres professionnels des langues.
L'appel a été signé par des traducteurs audiovisuels réunis dans le syndicat Zasuk, soutenus par plusieurs organisations dont le syndicat Glosa, SVIZ, la Société des traducteurs slovènes du cinéma et de la télévision, la Société des traducteurs scientifiques et techniques de Slovénie, la Société des réalisateurs slovènes, le Département de traduction de la Faculté des arts de l'Université de Ljubljana, l'Association des journalistes slovènes, et avec le soutien du professeur Dr Kozma Ahačič, directeur de l'Institut de langue slovène Fran Ramovš au ZRC SAZU. Le syndicat souligne que les conséquences des pratiques actuelles affectent non seulement les traducteurs, mais dégradent également l'expérience du spectateur.
Les mauvaises traductions automatiques rendent le contenu plus difficile à comprendre, affaiblissent la base linguistique, réduisent l'accès à l'information et, à long terme, nuisent à la compréhension de la lecture, à la sensibilité au langage et à la capacité d'évaluer l'information de manière critique.
Le syndicat soutient que sans intervention, le rôle des traducteurs humains pourrait être complètement éliminé, ce qui entraînerait des dommages irréversibles au paysage linguistique et au patrimoine culturel de la Slovénie.
Certains experts mettent en garde contre le fait que le fait de ne pas répondre à ces préoccupations pourrait entraîner une baisse de la qualité du contenu traduit et une nouvelle érosion de la présence de la langue slovène dans les médias mondiaux.
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