La Slovénie a bloqué la semaine dernière une déclaration de l'Union européenne qui aurait condamné les plans israéliens d'expansion des colonies en Cisjordanie occupée, en particulier dans la zone E1 à l'est de Jérusalem. La déclaration proposée par l'UE, qui a été empêchée d'être adoptée en raison de l'intervention de la Slovénie, critiquait les plans d'Israël de construire plus de 1 200 unités de logement pour les colons juifs dans cette région stratégiquement importante. Cette zone se trouve directement à l'est de la partie orientale occupée de Jérusalem et adjacente à la colonie illégale de Ma'ale Adumim.
Si elle est mise en œuvre, le plan diviserait effectivement la Cisjordanie en deux parties, isolant la ville de Ramallah au nord de la ville de Bethléem au sud et coupant Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie.
Le plan de développement plus large comprend la construction d'hôtels et de routes pour relier la colonie plus efficacement à Jérusalem. Cette expansion menace les communautés palestiniennes existantes vivant dans la région, dont 18 communautés abritant environ 3700 Palestiniens, principalement des Bédouins, qui ont déjà été confrontés à des démolitions de maisons, à des déplacements et à un accès restreint aux services de base.
Les plans pour E1 remontent à l'époque du Premier ministre israélien Yitzhak Shamir en 1991 et ont été développés sous Yitzhak Rabin en 1994. Selon les autorités palestiniennes, près de 600 colonies et avant-postes illégaux existent en Cisjordanie occupée, Israël contrôlant environ 42% de la zone.
Le gouvernement a défendu sa décision comme une action diplomatique bien réfléchie, arguant que l'UE avait déjà exprimé sa position sur la question E1 en juin et que des déclarations supplémentaires n'ajouteraient pas de valeur compte tenu du climat politique actuel.
La présidente de la République, Nataša Pirc Musar, a pris une position différente, soulignant que le droit international ne devrait pas être soumis à un choix politique et qu'il ne devrait pas y avoir de double standard dans son application. Elle a fait valoir que la Slovénie doit soutenir une position européenne claire et unifiée contre l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, car une telle construction porte atteinte à la solution des deux États et aux perspectives de paix durable.
L'opposition a souligné que le gouvernement avait soutenu les résolutions européennes en juin mettant en garde contre les conséquences juridiques des activités israéliennes dans la zone E1. Le ministère des Affaires étrangères a souligné que la politique étrangère de la Slovénie envers le conflit israélo-palestinien n'avait pas changé, réaffirmant son soutien au droit international, à la solution à deux États et aux positions européennes sur les colonies israéliennes.
Alors que le débat se poursuit, la communauté internationale observe de près, attendant de voir comment cette décision affectera le rôle de la Slovénie dans les affaires de l'UE et ses relations avec Israël et la Palestine.
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