Le gouvernement soutenu par l'armée du Myanmar a rejeté le dernier appel de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) pour la libération inconditionnelle de la dirigeante déposée Aung San Suu Kyi, décrivant ces demandes comme une ingérence dans son processus judiciaire. La position officielle a été émise par le ministère des Affaires étrangères du Myanmar, qui a souligné que la question de la libération de Suu Kyi doit respecter strictement les procédures légales.
Sa détention, qui a débuté en 2021 à la suite du coup d'État militaire, a suscité une condamnation généralisée de la part d'organisations de défense des droits de l'homme et d'organismes internationaux. Malgré cela, le gouvernement maintient que la condamnation de Suu Kyi est légale et que sa libération ne devrait pas être considérée comme une priorité tant que les processus juridiques ne seront pas complètement terminés.
Cette décision semble faire partie d'efforts plus larges pour gérer la perception du public et s'engager avec les acteurs internationaux, bien qu'elle ne signale pas un changement de politique concernant sa libération. L'ASEAN, dirigée actuellement par les Philippines, continue de plaider pour la "libération complète et inconditionnelle" de Suu Kyi, soulignant l'importance du dialogue et de la réconciliation.
Min Aung Hlaing, l'ancien chef de l'armée devenu président, a constamment cherché à légitimer son règne par des moyens politiques, y compris la tenue d'élections qui, selon les critiques, ont été frauduleuses. Son administration a fait face à des revers répétés, notamment l'incapacité à participer aux pourparlers de paix dirigés par l'ASEAN en raison du non-respect des termes de l'accord de 2021. Le gouvernement s'est également distancié du rôle de l'envoyé spécial de l'ASEAN, la ministre des Affaires étrangères philippine Maria Theresa Lazaro, affirmant qu'il n'aura pas besoin d'une assistance continue une fois que Singapour assumera le rôle au début de 2027.
Les dirigeants militaires ont rejeté l'initiative de paix de l'ASEAN, accusant certains États membres de partialité et affirmant que le Myanmar gérera les affaires de manière indépendante. Cette rhétorique reflète un modèle plus large de résistance à l'influence extérieure, même si le gouvernement cherche à paraître plus aligné sur les normes régionales.
En tant que tel, beaucoup considèrent le refus du gouvernement de tenir compte des appels de l'ASEAN comme emblématique d'une réticence plus profonde à s'engager dans une réforme ou un dialogue significatif.
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