La sécheresse a poussé des villes entières du nord de l'Espagne au bord de l'abîme, forçant les résidents à compter sur des citernes d'eau pour les fournitures de base. Dans la région traditionnellement luxuriante du Pays Basque, des communautés comme Karrantza ont dû recevoir jusqu'à 250 mètres cubes d'eau par jour via des camions-citernes pour répondre à leurs besoins. La situation s'est aggravée au cours de la dernière semaine, les habitants comptant sur ces livraisons pour survivre alors que leurs réservoirs locaux restent vides. Cela est dû à un manque prolongé de précipitations, qui a laissé l'approvisionnement en eau de la région à un niveau critique.
La sécheresse qui touche Karrantza n'est pas un incident isolé au sein du Pays Basque. Au moins 21 autres municipalités de la région d'Urdaibai et plusieurs endroits d'Álava ont imposé des restrictions d'eau ce mois-ci. Ces mesures soulignent la gravité de la situation, car de nombreuses communautés font face à des défis similaires. Les conditions sèches persistent depuis des semaines, avec peu ou pas de pluie, entraînant une baisse spectaculaire des niveaux d'eau.
Le manque de précipitations a perturbé les schémas saisonniers habituels, laissant les zones rurales et urbaines luttant pour maintenir un approvisionnement en eau adéquat. Les scientifiques reconnaissent des incertitudes dans la prévision de la façon dont le changement climatique affectera les précipitations en Espagne. Cependant, l'opinion dominante est que les volumes d'eau globaux diminuent et le nombre de jours avec de légères pluies diminue. Les précipitations deviennent plus intenses et concentrées, entraînant souvent des averses torrentielles plutôt que des pluies régulières et nourrissantes. Selon Fernández Alberto Llop, chef du programme sur l'eau au WWF, la dynamique atmosphérique entraînée par le réchauffement climatique modifie les conditions météorologiques typiques.
Ce changement affecte non seulement les précipitations, mais aussi les flux fluviaux et la recharge des eaux souterraines, créant un défi complexe pour la gestion de l'eau. L'Espagne connaît des étés de plus en plus chauds, avec juillet 2026 marquant le plus chaud jamais enregistré. À mesure que les températures augmentent, la demande d'eau augmente également, aggravant les effets de la diminution des précipitations. Le pays a fait face à une série de périodes sèches, commençant par un janvier et février relativement humides, suivies d'une baisse progressive des précipitations.
Le mois de juin a été classé comme "très sec", avec seulement 39% des précipitations normales, et le mois de juillet a atteint un niveau alarmant de "extrêmement sec", avec seulement 26% des précipitations attendues.
Annelies Broekman, chercheuse spécialisée dans le cycle de l'eau au CREAF, met en garde contre l'illusion de sécurité créée par les systèmes de gestion de l'eau de surface. Elle soutient que la dépendance aux structures en béton et à l'eau du robinet peut masquer des problèmes plus profonds, tels que l'épuisement des sources d'eau naturelles.
Elle souligne la nécessité d'adopter des pratiques durables qui s'attaquent aux causes profondes de la pénurie d'eau, plutôt que de se contenter de traiter ses symptômes.
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