Selon une étude menée par des chercheurs de l'Université Concordia, une voie chimique nouvellement découverte dans les sédiments des lacs pourrait offrir un outil essentiel pour freiner la prolifération d'algues nocives. La recherche révèle que la mackinawite, un minéral de sulfure de fer se formant dans des environnements à faible teneur en oxygène, peut effectivement lier le phosphore, le gardant piégé dans les sédiments plutôt que de le laisser refaire surface et alimenter une croissance excessive d'algues.
L'étude se concentre sur la façon dont le phosphore se déplace dans les milieux aquatiques, en particulier dans les lacs où la réduction de la pollution n'a pas réussi à éliminer les floraisons d'algues. Les scientifiques ont depuis longtemps compris que certains minéraux à base de fer peuvent immobiliser le phosphore dans les eaux oxygénées. Cependant, dans des conditions anoxiques, où les niveaux d'oxygène diminuent, ces minéraux se dégradent, libérant le phosphore pour revenir dans la colonne d'eau. Ce cycle exacerbe souvent l'eutrophisation, conduisant à des floraisons d'algues denses qui menacent la qualité de l'eau et la biodiversité. Dans leurs recherches, l'équipe a exploré si la mackinawite, qui forme des milieux déficients en oxygène, pourrait servir de puits de phosphore alternatifs.
Leurs expériences ont démontré que la mackinawite peut effectivement capturer le phosphore dans ces conditions, offrant une nouvelle voie de rétention des nutriments. Cette découverte remet en question les hypothèses existantes sur le cycle du phosphore dans les lacs riches en sédiments.
L'étude souligne que la mackinawite se trouve fréquemment dans les sédiments de lacs riches en matières organiques, mais que sa fonction dans la dynamique du phosphore n'avait pas été examinée à fond jusqu'à présent. Les implications de cette découverte vont au-delà de l'intérêt académique. Comprendre comment le phosphore se comporte dans les sédiments pourrait améliorer les modèles prédictifs de récupération du lac après les efforts de réduction de la pollution.
Des recherches ultérieures exploreront comment des facteurs tels que la concurrence des matières organiques influencent la capacité de la mackinawite à retenir le phosphore. Ces investigations pourraient affiner les modèles utilisés pour prédire le comportement des nutriments dans des conditions environnementales variables, guidant finalement des stratégies de conservation plus efficaces. Alors que les scientifiques continuent de démêler la chimie complexe des systèmes d'eau douce, des découvertes comme celle-ci soulignent l'importance d'étudier à la fois les impacts humains et les mécanismes naturels dans la sauvegarde de la santé aquatique.
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