Cinq organisations de défense des droits de l'homme au Nigéria ont exigé conjointement le retrait immédiat du projet de loi sur les aides étrangères (réglementation, transparence et divulgation) 2026, nom de code SB. 1034, invoquant les craintes qu'il menace l'espace civique et met en danger les défenseurs des droits de l'homme. Les groupes, le réseau nigérian des défenseurs des droits de l'homme, le partenariat pour la justice, les défenseurs de première ligne, le réseau des défenseurs des droits de l'homme d'Afrique de l'Ouest et Protection International, ont averti que le projet de loi était en conflit avec les engagements internationaux du Nigéria en matière de droits de l'homme, en particulier ceux décrits au cours de son quatrième cycle d'examen périodique universel (UPRU).
Le projet de loi, présenté par le sénateur Ibrahim Hassan Dankwambo, un représentant de Gombe Nord, a passé sa deuxième lecture au Sénat en juillet 2026. Il propose la création d'une Commission de réglementation de l'aide étrangère (FARC) chargée d'enregistrer, d'auditer, de sanctionner et même de suspendre les organisations qui reçoivent des subventions étrangères, des dons ou une assistance technique.
Cette expansion a suscité de vives critiques de la part des groupes de défense des droits, qui soutiennent qu'elle pourrait sérieusement réduire l'indépendance opérationnelle des acteurs non gouvernementaux. Parmi les principales préoccupations soulevées par les organisations figure l'article 6 (1) du projet de loi, qui impose une période d'enregistrement de 30 jours pour tous les dons étrangers. Ils soutiennent que cette exigence pourrait entraver l'accès rapide à des ressources essentielles, telles que des fonds de défense juridique, des services de relocalisation d'urgence et un soutien aux victimes de violences sexistes et d'atteintes aux droits de l'homme.
Les groupes ont averti que cette mesure de transparence pourrait exposer les défenseurs des droits de l'homme, les survivants et les témoins à des risques accrus de surveillance, de harcèlement et de représailles.
Ils ont souligné qu'une telle disposition pourrait effectivement limiter la portée des activités protégées, sapant les principes mêmes de la liberté d'association et d'expression que le Nigéria s'est engagé à défendre au niveau international. Les groupes ont également souligné que les FARC proposées se chevauchent de manière significative avec les organismes de réglementation existants, y compris la Commission des affaires corporatives (CAC), l'Unité spéciale de contrôle contre le blanchiment d'argent (SCUML), le Service fédéral du revenu intérieur (FIRS) et l'Unité de renseignement financier nigérian (NFIU).
En plus d'exiger le retrait du projet de loi, les organisations ont appelé à l'inclusion immédiate de la société civile dans tout futur processus législatif relatif à la réglementation du financement étranger. Ils ont souligné l'importance de respecter les garanties constitutionnelles et les normes internationales, y compris la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l'homme.
Alors que le Nigéria se prépare à briguer un siège au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies pour la période 2027-2029, les groupes de défense des droits ont réitéré que la position internationale du pays doit s'accompagner de solides protections nationales pour les défenseurs des droits de l'homme.Leur appel à l'action souligne les tensions croissantes entre la surveillance réglementaire et la préservation des libertés civiques, soulignant le besoin urgent de dialogue entre les législateurs et les parties prenantes de la société civile.
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