L'Europe augmente rapidement ses dépenses militaires et se prépare à des menaces extérieures potentielles, mais elle est confrontée à un défi critique que l'argent seul ne peut résoudre, la pénurie de personnel prêt à servir dans les forces armées. L'Union européenne a accéléré ses investissements dans la défense, allouant des centaines de milliards d'euros pour préparer ses 27 États membres à d'éventuels dangers extérieurs. Cependant, malgré ces engagements financiers, l'Europe est aux prises avec un problème croissant: un manque de soldats prêts à se déployer rapidement en réponse aux menaces émergentes.
Selon Andrius Kubilius, commissaire à la défense de l'Union européenne, l'Europe doit être en mesure de déployer environ 100 000 soldats très rapidement si la Russie rassemble ses forces près des frontières de l'OTAN et de l'UE. Dans un discours prononcé plus tôt cette année à Vilnius, Kubilius a mis en garde contre un scénario hypothétique dans lequel 100 000 soldats russes se rassemblent le long de la frontière UE-OTAN d'ici 2030, une année où les agences de renseignement pensent que la Russie pourrait être prête à tester l'OTAN. Il a souligné que l'Europe devrait répondre rapidement avec un nombre similaire de troupes et d'équipements. Le problème de la main-d'œuvre insuffisante n'est pas nouveau.
Le Parlement européen a averti en 2024 que les forces armées européennes ont de sérieuses difficultés à recruter de nouveaux membres et à conserver les membres existants. Cette question est devenue encore plus urgente en raison des plans ambitieux visant à renforcer les capacités de défense européennes. Emmanuel Jacob, président de l'Organisation européenne des syndicats militaires et des syndicats (EUROMIL), a souligné qu'en fin de compte, il doit y avoir suffisamment de personnes disponibles pour utiliser efficacement tous ces investissements.
L'étude a inclus des syndicats militaires de Belgique, de Bulgarie, de France, d'Allemagne, de Hongrie, d'Irlande, d'Italie, de Malte, des Pays-Bas, du Portugal, d'Espagne et de Suède. Les résultats ont indiqué que le personnel militaire quitte souvent le service après environ dix ans.
Steven Everts, directeur de l'Institut d'études de la sécurité de l'Union européenne (EUISS), prévient que l'Europe doit augmenter considérablement le nombre de forces de réserve. Les armées modernes ont besoin non seulement de soldats traditionnels, mais aussi de spécialistes de la cybersécurité, de la logistique, de la médecine et d'autres domaines qui pourraient être appelés en temps de crise. Une préoccupation majeure est de savoir comment convaincre les employeurs privés de permettre à leurs employés de servir dans l'armée en cas de besoin.
Il a noté que les efforts européens de réarmement jusqu'à présent n'ont pas été accompagnés des réformes organisationnelles nécessaires pour soutenir un tel système. Cette question n'est pas unique à l'Union européenne. L'OTAN est également profondément préoccupée par l'incapacité de ses États membres à élargir leurs forces armées en fonction des nouvelles exigences, ce qui constitue un risque direct pour la préparation et la crédibilité de l'alliance.
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