Les astronomes ont découvert des preuves suggérant que la matière noire peut être responsable de l'attraction gravitationnelle d'un blazar lointain, offrant potentiellement de nouvelles perspectives sur les origines des neutrinos cosmiques. La découverte, menée par Silke Britzen à l'Institut Max Planck pour la radioastronomie en Allemagne, implique l'observation d'un déplacement soudain dans le jet du blazar PKS 2233-148. Les résultats, publiés dans Monthly Notices de la Royal Astronomical Society, pourraient considérablement améliorer la compréhension de la matière noire et des mécanismes de production des neutrinos cosmiques.
L'équipe de recherche a analysé des données à haute résolution provenant de multiples plates-formes d'observation, y compris le Very Long Baseline Array (VLBA), le télescope spatial Fermi-LAT et l'observatoire Swift-XRT. Ces instruments ont capturé des informations détaillées sur les émissions électromagnétiques de PKS 2233-148, permettant aux scientifiques de suivre le mouvement du jet de blazar au fil du temps. Leur analyse a révélé un changement inattendu dans la direction du jet, accompagné d'une éruption rapide de rayons gamma. Selon Britzen, cette combinaison d'événements suggère la présence d'une masse invisible, probablement un amas de matière noire, qui a brièvement modifié la trajectoire du jet par l'intermédiaire de la lentille gravitationnelle.
La lentille gravitationnelle se produit lorsqu'un objet massif, tel qu'une galaxie ou une concentration dense de matière noire, courbe la lumière d'un objet plus éloigné. Dans ce cas, le déplacement observé du jet de blazar indique qu'une structure de matière noire a peut-être passé devant PKS 2233-148, provoquant le déplacement de la lumière et, vraisemblablement, des neutrinos associés.
PKS 2233-148 est considéré comme un premier candidat pour la production de neutrinos cosmiques en raison de sa nature de blazar, un type de noyau galactique actif avec de puissants jets de matière ionisée émis par ses pôles. L'un de ces jets est dirigé directement vers la Terre, ce qui en fait un sujet idéal pour étudier les interactions des particules à haute énergie. Si des neutrinos sont en effet générés dans ces jets, leur détection pourrait offrir des indices sur les conditions physiques extrêmes présentes dans de tels environnements.
En corrélant ces signaux de neutrinos avec des observations électromagnétiques, les scientifiques visent à retracer leurs origines à des sources astrophysiques spécifiques. Les découvertes récentes impliquant PKS 2233-148 peuvent représenter une étape clé dans ce processus, car l'effet de lentille gravitationnelle pourrait aider à affiner la précision des techniques de localisation des neutrinos. Selon Britzen, la nature transitoire de l'événement de lentille le rend particulièrement difficile à observer.
Des études antérieures ont identifié trois autres sources de neutrinos cosmiques qui présentaient des lentilles gravitationnelles, mais aucune n'était explicitement liée à la matière noire. Les implications de cette découverte vont au-delà de l'étude immédiate de PKS 2233-148.
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