La Major League Soccer (MLS) règne depuis longtemps aux États-Unis . Forte de son statut de principal championnat de football du pays, elle accueille des grands noms du ballon rond comme Lionel Messi , Heung-min Son, Thomas Müller ou encore Marco Reus. Pourtant, elle n'a jamais réussi à donner au foot le rang de grand sport national dans un pays dominé par le basket ou le football américain, car son modèle est particulier dans le monde du football.
"Elle s'inscrit dans la lignée du modèle sportif professionnel américain, celui de la NFL (football américain) : 30 franchises réparties dans les 30 plus grands marchés, au sein d'un système fermé, dotées de ressources et de stades exceptionnels, et bénéficiant de contrats télévisuels avantageux, explique John Smelzer, un homme d'affaires spécialisé dans l'industrie du sport. Mais elle est contrôlée par 30 milliardaires et, à mon avis, il ne sert les intérêts de personne d'autre que ces 30 personnes." Une explication et une désillusion que de nombreux amoureux du foot aux États-Unis partagent.
Pour y remédier, John Smelzer a entrepris d'établir une équipe dans la vallée de l'Antelope, au nord de Los Angeles , en rénovant un stade de baseball désaffecté en stade de foot. Il y a installé son nouveau club, AV Alta, en 2023. Mais ce n'est pas sur les terrains de la MLS que joue cette équipe, mais sur ceux de la United Soccer League (USL).
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Ce championnat, moins célèbre et entièrement indépendant de la MLS, fondé en 1986, redouble d'efforts pour sortir de l'ombre de la MLS et s'affirmer comme dominant en attirant investisseurs et fans. Sa stratégie : cibler délibérément les marchés et les communautés que la MLS ne cherche pas à atteindre.
Un marché délaissé
À une centaine de kilomètres au nord du centre-ville de Los Angeles, un vaste désert est interrompu par un étrange îlot de rues orthogonales regroupant les deux villes de Palmdale et Lancaster. Ensemble, elles forment la vallée de l'Antelope. Si avec 555 000 habitants, cette agglomération compte une population supérieure à Atlanta, en Géorgie , ou Miami en Floride , elle figure rarement dans la liste des grandes villes américaines et ne bénéficie donc pas d'une équipe évoluant en MLS.
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Il existe un grand nombre de footeux dans cette région peuplée dans sa quasi-majorité par des latinos, réputés pour avoir importé aux États-Unis leur passion pour ce sport. Mais les habitants de la vallée de l'Antelope se sont longtemps retrouvés sans club local avec lequel ils pouvaient réellement vibrer, le stade de MLS le plus proche (Los Angeles FC où évolue Hugo Lloris) étant à plus d'une heure de route, sans compter sur les fameux embouteillages de la ville.
Leur cas n'est pas unique dans ce vaste pays. Il contribue à un phénomène d'envergure nationale qui empêche le foot de se développer à un niveau égal à ses concurrents. La MLS privilégiant les grandes villes attractives, plusieurs régions américaines se retrouvent dans des déserts footballistiques.
L'entrepreneur John Smelzer souligne le potentiel immense de la USL si elle s'insère dans ces communautés non desservies par son concurrent : "65 % de la population du pays, soit 235 millions de personnes, vivent en dehors de la zone couverte par la MLS.
Ça représente trois fois la population de l'Allemagne". Les banlieues ne sont pas les seules concernées : de grandes villes comme Phoenix, Pittsburgh ou San Antonio, pourtant millionnaires en habitants, figurent en USL mais restent absentes de la MLS. La USL en profite pour s'étendre rapidement. Une dizaine de nouveaux clubs sont déjà annoncés dans les deux premières divisions de ce championnat, notamment à Fort Lauderdale, Dallas ou Milwaukee.
Les propriétaires du Hartford Athletic, Bruce Mandell, Joe Calafiore et Scott Schooley, ainsi que l'entraîneur Jimmy Nilsen, posent au Dillon Stadium de Hartford, dans le Connecticut, le 2 octobre 2018. Cet ancien stade de football américain accueille aujourd'hui l'équipe d'USL, qui fera ses débuts en 2019. © Pat Eaton-Robb, AP
Une aubaine pour les investisseurs
C'est donc sur ces régions que capitalise la USL pour pouvoir croître malgré la domination du marché du foot par la MLS. Pour inciter les investisseurs à s'y intéresser, ce championnat compte en partie sur l'introduction du format de relégation et de promotion à partir de 2018. Ce système, déjà en vigueur dans tous les autres grands championnats du monde, consiste à créer une hiérarchie de championnat. Les équipes les plus performantes montent en division supérieure, tandis que les plus faibles descendent. Pour John Smelzer, ce système change la donne.
"Avec l'introduction de la promotion, il est possible d'acheter une équipe de troisième division pour un montant de sept millions, cinq millions ou parfois un demi-million, et de la faire monter en…
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