La Commission européenne a approuvé à la fin du mois de juillet la mesure, appelée "Krisendestillation" ou distillation de crise, pour aider à éliminer les stocks existants avant la nouvelle récolte. Cette action affecte les régions viticoles de Rhénanie-Palatinat et de Bade-Wurtemberg. En Autriche, en particulier dans le Burgenland, des préoccupations similaires ont émergé, le vin rouge ayant du mal à trouver des acheteurs, des millésimes plus anciens encore dans les caves et des prix pour la récolte actuelle restant bas.
Selon Andreas Liegenfeld, président de l'Association des viticulteurs autrichiens, et Herbert Oschep, directeur général de Wein Burgenland, il existe un excès d'offre de vin rouge dans le monde entier.
La solution proposée, la distillation de crise, consisterait à retirer du marché les surplus de vin et à les convertir en alcool industriel avec un soutien financier. Bien que Liegenfeld et Oschep reconnaissent les avantages potentiels de cette approche, ils soulignent également ses limites. Liegenfeld soutient l'examen de la mesure mais souligne la nécessité d'efforts de commercialisation plus agressifs et d'expansion du marché plutôt que de simplement distiller les stocks excédentaires. Il note que l'initiative de l'Allemagne a créé une nouvelle dynamique, offrant des opportunités à l'Autriche si elle envisage de demander un financement européen similaire. D'une part, elle apporte un soulagement immédiat en réduisant l'offre par des moyens financés par l'UE.
Cependant, il insiste sur le fait que le financement national ne devrait pas être utilisé à de telles fins. Son scepticisme découle en partie de la perception que la distillation ne s'attaque pas à la cause profonde du déséquilibre entre la production et la consommation. Si le problème persiste, l'industrie pourrait faire face aux mêmes défis à nouveau à l'avenir. Une autre préoccupation est l'impact sur l'image du vin autrichien. Au fil des ans, le pays s'est positionné comme un producteur de vins de haute qualité, tirés du terroir.
Selon Josef Glatt, directeur de l'Association autrichienne de l'industrie vinicole, l'Autriche doit fournir une évaluation approfondie de ses stocks actuels et des données sur les récoltes. Cette évaluation reposera sur les rapports soumis par les vignobles au 31 juillet. Une fois terminés, Statistics Austria finalisera les chiffres, qui indiqueront si l'Autriche peut soumettre une demande officielle à la Commission européenne pour des mesures similaires.
Le résultat de ce processus déterminera les prochaines étapes du secteur vitivinicole autrichien.
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