Singapour est sur le point de revoir son ambitieux plan directeur zéro déchet, initialement lancé en 2019, car des données récentes révèlent une stagnation des progrès du recyclage et une augmentation de l'élimination des déchets. Le gouvernement, dirigé par le ministre d'État pour la durabilité et l'environnement Janil Puthucheary, a reconnu la nécessité d'une réévaluation complète de la stratégie de gestion des déchets du pays.
Le taux de recyclage national, qui mesure le pourcentage de déchets générés par les ménages qui sont effectivement recyclés, a diminué de 17% à 11% au cours de cette période. Pendant ce temps, le secteur non domestique, englobant les activités commerciales et industrielles, a connu un déclin similaire, passant de 73% à 67%.
Ces chiffres mettent en évidence les défis persistants pour parvenir à un recyclage cohérent et efficace dans les environnements résidentiels et commerciaux.
L'un des problèmes critiques identifiés est la contamination des matériaux recyclables, en particulier dans le secteur domestique. Les bacs bleus, introduits pour faciliter le tri des matières recyclables, ont constamment affiché des niveaux de contamination d'environ 40% depuis 2017.
L'Agence nationale de l'environnement (NEA) rapporte que les défis persistants comprennent l'augmentation des coûts de collecte et de transport, ainsi que la fluctuation des prix mondiaux des produits de base, qui ont tous une incidence sur la rentabilité et la faisabilité des opérations de recyclage.
En réponse à ces constatations, le gouvernement a souligné l'importance de revoir le plan directeur zéro déchet pour envisager d'éventuels ajustements à ses objectifs et stratégies. Une attention particulière sera accordée à l'évaluation de l'efficacité des initiatives actuelles, telles que l'utilisation de bacs bleus, et à l'exploration de méthodes alternatives pour améliorer la qualité et le volume des matières recyclables. En outre, l'examen examinera les implications à long terme de la dépendance de Singapour à l'égard de la décharge de Semakau, le seul site d'enfouissement du pays, qui devrait atteindre sa pleine capacité d'ici 2035. Assurer des solutions adéquates de gestion des déchets au-delà de cette date sera une préoccupation centrale du processus d'examen.
La NEA a également souligné la nécessité d'une représentation plus précise des efforts de gestion des déchets dans ses mécanismes de reporting.
Malgré les défis, il y a des preuves d'un changement positif dans le comportement public. 83 kilogrammes de déchets par jour, ce qui représente une diminution de 21% par rapport à 2015. Cette réduction souligne une prise de conscience croissante parmi les citoyens concernant les modes de consommation durables. Cependant, les experts avertissent que la prise de conscience seule est insuffisante; la conversion de ces connaissances en comportements exploitables reste une étape cruciale.
Au fur et à mesure que l'examen se déroulera, l'accent sera probablement mis sur l'élaboration de stratégies plus efficaces et plus inclusives qui correspondent à la fois aux réalités locales et aux tendances mondiales en matière de gestion des déchets.
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