Le Trésor américain a imposé des sanctions à 10 entités et individus iraniens et vénézuéliens liés au trafic d'armes. Parmi ceux sanctionnés figurait l'entreprise d'État vénézuélienne Empresa Aeronautica Nacional SA, connue sous le nom d'EANSA. Le Trésor a déclaré que EANSA avait assemblé et géré la production au Venezuela de drones de la série Mohajer fabriqués par Qods Aviation Industries de l'Iran.
Ce modèle a évolué en ANSU-100 armé, capable de transporter des bombes air-sol Qaem fabriquées en Iran. La direction de l'EANSA avait travaillé aux côtés de responsables des secteurs militaires iranien et vénézuélien pour développer ces systèmes. Le sous-secrétaire au Trésor John Hurley a fait remarquer que les sanctions visaient à tenir l'Iran et le Venezuela responsables de leur prolifération mondiale d'armes.
Cette décision intervient au milieu de tensions, dont deux conflits avec Israël au cours des 14 derniers mois, qui ont peut-être suscité des inquiétudes à Téhéran concernant son influence croissante au Venezuela. Alors que les relations diplomatiques ne sont toujours pas complètement rétablies et que les ambassades ne sont pas encore rouvertes, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Felix Plasencia, et le ministre des Affaires étrangères d'Israël, Gideon Saar, sont parvenus à un accord pour mettre en place un cadre de fourniture de services consulaires et de poursuite de la coopération technique initiée après qu'Israël a déployé des experts pour aider le Venezuela à se remettre des tremblements de terre dévastateurs de juin.
Plasencia a noté que l'accord permet une collaboration technique bilatérale en cours découlant des efforts de réponse aux catastrophes. Il a ajouté que les deux gouvernements ont reconnu l'importance de la relation entre Israël et la communauté juive du Venezuela, qui sert de symbole historique de l'amitié entre les deux nations.
Peu de nations entretiennent des liens aussi étroits avec l'Iran et Israël, et encore moins ont subi un changement aussi dramatique dans leur position envers l'État juif. Ce changement reflète un réalignement plus large de la diplomatie régionale. Sous l'ancien président Hugo Chavez, le Venezuela a pris une position ferme anti-Israël, en particulier pendant la guerre du Liban de 2006. Chavez a accusé Israël de commettre des actes similaires à l'Holocauste, appelant les dirigeants israéliens à faire face à des accusations de génocide.
Ce changement idéologique met en évidence l'évolution du paysage géopolitique en Amérique du Sud, où des alliés fidèles de l'Iran reconsidèrent leurs positions stratégiques. Alors que le Venezuela se rapproche d'Israël, les implications de l'influence de l'Iran dans la région deviennent de plus en plus complexes, marquant un moment charnière dans les relations internationales.
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