En juillet 2018, le Dr Naledi Pandor a pris le poste de vice-chancelière à l'Université du Cap, un poste pour lequel elle avait travaillé pendant des décennies. Sa nomination est intervenue pendant une période de profonde instabilité au sein de l'institution. L'université venait de conclure ses examens de juin, qui ont eu lieu dans des tentes de fortune sur le terrain de rugby en raison de tensions en cours. Ces tensions découlent d'années de troubles, y compris le mouvement #RhodesMustFall qui a commencé en 2015 et a duré quatre ans, exposant des problèmes profondément enracinés dans l'enseignement supérieur sud-africain.
La tâche initiale de Pandor n'était pas d'introduire des réformes radicales ou des stratégies ambitieuses, mais de stabiliser l'université, de reconstruire la confiance parmi les étudiants et le personnel, et de se recentrer sur l'enseignement et l'apprentissage.
Cette croyance a été mise à l'épreuve lorsqu'une étudiante activiste, qu'elle avait encouragée à revenir à la vie universitaire, a soumis un projet de recherche sur les honneurs. Féliciter publiquement l'étudiante a marqué une petite mais importante étape vers la reconstruction de la communauté universitaire. Cependant, ce geste a rapidement pris un sens différent. En examinant le rapport de recherche, le Dr Pandor a remarqué un slogan au bas de la page de reconnaissance qu'elle a décrit comme un discours de haine. En quelques heures, le récit entourant ses actions a changé. Ce qui avait été initialement reconnu comme un geste de soutien, célébrant les réalisations académiques d'un étudiant, a été recadré comme une approbation de messages nuisibles.
L'incident a mis en évidence les défis auxquels sont confrontées les femmes, en particulier les femmes noires, dans des postes de direction. Le Dr Pandor a noté que si le leadership est généralement évalué en fonction de résultats tangibles tels que la planification stratégique, la gestion du budget et la performance institutionnelle, les femmes dirigeantes noires sont souvent soumises à un examen plus approfondi.
Cette dynamique crée un fardeau unique, obligeant les dirigeants à gérer constamment la façon dont ils sont perçus plutôt que de se concentrer uniquement sur l'impact de leur travail. L'expérience a laissé le Dr Pandor avec une compréhension plus profonde du coût émotionnel du leadership. Alors que le leadership devrait être axé sur la substance, la stratégie, la gouvernance, les personnes et les résultats, les femmes dirigeantes noires se retrouvent souvent à naviguer dans un paysage plus complexe.
La nécessité de prouver leur valeur à plusieurs reprises, malgré des réalisations considérables, reflète un problème systémique enraciné dans les préjugés historiques et les normes enracinées. Alors que le Dr Pandor poursuit son mandat, les leçons tirées de cet incident restent pertinentes. Ils mettent en évidence la lutte en cours pour la reconnaissance et le respect, non seulement pour les individus, mais pour des communautés entières qui ont été historiquement marginalisées.
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