Le gouvernement autrichien est parvenu à un accord très attendu sur la réforme du service militaire obligatoire et du service civil volontaire, marquant un tournant dans la politique de défense du pays. Le nouveau modèle, baptisé 66+3, étend le service militaire de base de six à neuf mois, incorporant trois mois d'exercices militaires obligatoires. Pendant ce temps, la durée du service civil reste à neuf mois, bien qu'elle puisse être étendue à onze sous certaines conditions. Les réformes visent à remédier à la pénurie de personnel, à améliorer la préparation et à s'aligner sur l'évolution des défis sécuritaires.
La décision a été annoncée lors de la réunion ministérielle d'été tenue à la Schwarzenbergkaserne de Salzbourg, où la coalition du Parti populaire (ÖVP), des sociaux-démocrates (SPÖ) et des Néos (libéraux verts) a finalisé leurs positions après des semaines de négociations intenses.
Selon le nouveau système, les six premiers mois d'entraînement militaire de base seront suivis de trois mois d'exercices militaires obligatoires. Ces exercices sont conçus pour améliorer la préparation opérationnelle et assurer que les soldats peuvent fonctionner efficacement dans des scénarios du monde réel. La structure exacte de ces exercices reste en discussion, mais les responsables suggèrent qu'ils suivront une approche par étapes similaire au modèle "étape par étape" recommandé par la Commission des services de défense. Ce modèle permettrait aux soldats de compléter deux mois d'entraînement immédiat après le service de base, suivi d'exercices supplémentaires espacés dans le temps jusqu'à l'âge de 30 ans.
Pour rendre le service militaire plus attrayant, le gouvernement a accepté d'augmenter le salaire mensuel des soldats de base de 625 euros à 1 000 euros. En outre, des jours de vacances seront introduits pour ceux qui servent dans l'armée. Les réformes comprennent également des dispositions visant à renforcer les efforts de défense civile, en mettant l'accent sur les rôles non militaires tels que les soins de santé, les services sociaux et la réponse aux catastrophes.
Malgré ces progrès, la réforme se heurte à des obstacles, en particulier en ce qui concerne le service civil. Pour que l'extension du service civil prenne effet, le gouvernement a besoin d'une majorité des deux tiers au parlement, ce qui signifie qu'il doit obtenir le soutien du Parti de la liberté (FPÖ) ou des Verts.
La réforme comprend également des mesures visant à améliorer le recrutement et la rétention. Les responsables espèrent que l'extension du service militaire tout en maintenant des durées plus longues pour le service civil empêchera une augmentation des demandes pour ce dernier, ce qui pourrait affaiblir les forces armées. Cependant, certains critiques soutiennent que la proposition actuelle permet encore trop de flexibilité, ce qui pourrait conduire à une mise en œuvre inégale. D'autres se demandent si les implications financières des réformes, estimées à 200 millions d'euros de plus que le modèle préférentiel précédent de huit plus deux, affecteront les plans de modernisation plus larges de l'armée.
Alors que l'ÖVP et le SPÖ ont largement accepté le modèle +6+3, Neos est resté prudent, craignant que la réforme ne s'aligne pas pleinement sur sa vision d'une armée basée sur le bénévolat. Les Verts, qui avaient initialement soutenu l'idée d'un service civil plus long, doivent encore s'engager, citant des questions non résolues sur la façon dont le système de milizia devrait s'appliquer aux personnes partiellement qualifiées et si les conditions financières pour les bénévoles civils sont suffisamment équitables.
L'opposition étant toujours divisée et les détails du service civil restant incertains, la voie à suivre reste incertaine.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 4 €/mois.
Devenir soutien