Les éruptions volcaniques dans le Cercle de feu du Pacifique ont pu déclencher des périodes de refroidissement prolongées qui ont duré des siècles, selon une nouvelle recherche publiée dans Nature Communications. Les scientifiques ont identifié une corrélation entre les éruptions majeures et les phases froides prolongées pendant l'époque de l'Holocène, qui a commencé il y a environ 12 000 ans. Ces épisodes de froid, qui durent parfois des centaines d'années, ont contribué à l'expansion des glaciers et ont modifié les modèles climatiques mondiaux.
La plupart de ces éruptions ont eu lieu dans l'ouest du Pacifique, le long de ce que l'on appelle l'anneau de feu du Pacifique, une région connue pour une activité sismique et volcanique fréquente due aux interactions des plaques tectoniques.
L'équipe a conclu que le schéma observé n'était pas aléatoire, mais plutôt indicatif d'une relation de cause à effet. Le mécanisme proposé par les chercheurs implique l'injection de dioxyde de soufre dans la stratosphère lors de grandes éruptions. Ces particules de soufre agissent comme des agents réfléchissants, dispersant la lumière du soleil et réduisant la quantité de rayonnement solaire absorbée par la surface de la Terre.
À mesure que les températures baissent, la glace de mer de l'Arctique s'étend, isolant davantage l'océan et limitant le transfert de chaleur vers l'atmosphère. Des changements dans la circulation océanique suivent, modifiant les systèmes météorologiques et modifiant les régimes de précipitations. Un facteur clé dans la persistance de ces effets de refroidissement est la formation d'une boucle de rétroaction. Le refroidissement initial causé par les émissions volcaniques déclenche une série de réactions environnementales interconnectées. Par exemple, un changement dans les régimes de pression atmosphérique conduit au mouvement d'un système de basse pression pluvieux vers l'équateur, élargissant la zone froide.
Ces effets en cascade amplifient la tendance générale au refroidissement, permettant aux glaciers d'avancer de manière significative, même dans des régions comme les Alpes. Cependant, l'intensité de l'éruption volcanique joue un rôle essentiel pour déterminer si une phase de refroidissement soutenue se produit. Si une éruption est trop faible, les particules de soufre peuvent ne pas atteindre la haute atmosphère, empêchant le refroidissement nécessaire. Inversement, des éruptions trop puissantes pourraient entraîner un dépôt rapide de particules, diminuant leur présence atmosphérique et raccourcissant la durée de l'effet de refroidissement.
Cette découverte remet en question les théories précédentes qui attribuaient ces phases froides à des facteurs tels que les variations de la production solaire ou les changements des courants océaniques. Au lieu de cela, elle met en évidence le potentiel de l'activité volcanique pour entraîner des changements climatiques substantiels et prolongés. Alors que les éruptions passées comme celle du mont Tambora en 1816 ont provoqué un refroidissement bref mais sévère, les résultats actuels suggèrent que certaines éruptions pourraient avoir déclenché des tendances de refroidissement de plusieurs siècles.
Alors que les scientifiques continuent d'affiner leur compréhension de l'histoire climatique de la Terre, le rôle des éruptions volcaniques dans la formation du changement climatique à long terme devient de plus en plus clair.
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