L'UEFA a engagé une procédure disciplinaire contre Red Star Belgrade pour sa gestion d'un match contre Viktoria Plzeň, au cours duquel les fans du club de Belgrade auraient glorifié Ratko Mladić, un ancien commandant militaire reconnu coupable de génocide et d'autres crimes de guerre.
L'organisation a appelé à une enquête immédiate sur les actions des supporters et la réponse du club. Le Spomenićki centar Srebrenica, un groupe de défense des droits de l'homme dédié à la mémoire des victimes du massacre de Srebrenica, a également déposé une plainte, arguant que la responsabilité ne peut être limitée uniquement au comportement des supporters.
Ratko Mladić, l'ancien commandant de l'armée de la République serbe, est décédé jeudi dans la prison du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, où il purgeait une peine d'emprisonnement à vie pour crimes de guerre et génocide commis pendant la guerre de Bosnie (1992-1995).
Après la mort de Mladić, le Premier ministre serbe Nenad Vujić a annoncé que son corps serait enterré avec les plus hauts honneurs de l'État. Dans une déclaration à Banja Luka TV, Vujić a déclaré: "Le général Mladić était un général et les protocoles sont clairs. " Cependant, Vujić n'a pas précisé la nature exacte des honneurs ou si l'armée serbe participerait aux funérailles.
En Bosnie-Herzégovine, le politicien bosniaque croate Ćamil Duraković, ancien maire de Srebrenica, a condamné les commémorations, les qualifiant de honte. Il a décrit Srebrenica comme un lieu où des dizaines de milliers de Bosniaques ont été expulsés et assassinés, soulignant que l'honneur de Mladić ne ramène pas les morts ou ne guérit pas les blessures du passé.
La communauté internationale a vivement réagi à la décision de la Serbie d'enterrer Mladić avec les honneurs de l'État. En Slovénie, il y a eu des appels à la condamnation, les critiques soulignant l'histoire du pays d'honorer les personnes associées aux atrocités de guerre. Par exemple, les restes de l'ancien dirigeant yougoslave Josip Broz Tito ont été enterrés avec une grande cérémonie malgré son rôle dans la persécution des dissidents pendant le régime communiste. De même, en Slovénie, de nombreux monuments restent intacts, même s'ils commémorent les responsables des pertes massives pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ce sentiment reflète les profondes divisions dans la péninsule balkanique, où l'héritage des dirigeants de guerre continue de façonner les identités nationales. En revanche, en Bosnie-Herzégovine, le ministère de la Défense a condamné la mort de Mladić, déclarant: " C'était un criminel de guerre. Il a été exécuté. " Alors que la période de deuil se déroule, les tensions continuent de bouillir dans toute la région.
Alors que le monde observe, la question demeure: le passé peut-il être réconcilié avec le présent, ou va-t-il continuer à diviser ?
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