L'élection de l'État de Saxe-Anhalt, le 6 septembre prochain, pourrait marquer un tournant dans la politique allemande. L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) d'extrême droite est actuellement en tête des sondages d'opinion avec plus de 40% de soutien, se positionnant pour la première fois comme le parti le plus fort de la région.
L'ascension de l'AfD a suscité un débat intense, en particulier parmi les communautés d'origine immigrée. Beaucoup craignent qu'une victoire du parti ne conduise à une augmentation du racisme et de la discrimination. Un résident de Gambie, qui a demandé à rester anonyme, a exprimé sa préoccupation que le sentiment dominant en Saxe-Anhalt puisse entraîner plus d'hostilité raciale. Elle a souligné sa croyance en une société sans frontières, où personne ne se sent obligé de fuir par peur de la survie. Malgré ces craintes, elle a déclaré qu'elle ne prévoyait pas de quitter la région, même si des plans d'urgence étaient nécessaires. Des personnalités politiques telles qu'Awet Tesesusfai, membre du groupe parlementaire des Verts, partagent ces préoccupations.
Née en Érythrée, elle a décrit l'élection comme plus qu'une simple décision politique pour les individus noirs et d'autres personnes qui font l'expérience du racisme. Elle a averti que des positions racistes et nationalistes plus fortes pourraient avoir un impact direct sur la sécurité qu'ils se sentent au sein de la communauté et s'ils sont reconnus comme des membres intégraux de la société. De même, Karamba Diaby, un ancien membre du SPD né au Sénégal, reconnaît l'anxiété croissante parmi les migrants. Il note que de nombreux jeunes remettent en question leur avenir dans la région. Cependant, il croit fermement que rester en Saxe-Anhalt est toujours possible et exhorte à ne pas dramatiser la situation.
Il soutient que quitter le pays serait la dernière chose qu'ils devraient envisager. La plateforme de l'AfD comprend des politiques d'immigration strictes, préconisant la réduction de l'immigration, l'élargissement des mesures d'expulsion et la promotion de la "remigration", bien que le terme ne dispose pas d'une définition claire.
Amidou Traore, conseiller en intégration et homme politique local de Magdebourg, exprime son calme face à la possibilité d'une victoire de l'AfD. Il affirme que tout le monde sait que le parti représente la haine et l'incitation, et que lui et d'autres s'opposent à une telle rhétorique. Il souligne la nécessité de rester calme et d'éviter une panique inutile.
À Stendal, un bastion de l'AfD, les électeurs semblent soutenir le parti malgré sa position controversée. Des interviews suggèrent que beaucoup considèrent l'AfD comme représentant un sentiment d'identité lié à l'Allemagne de l'Est. Le candidat du parti, Ulrich Siegmund, est bien connu localement, renforçant encore son attrait. Certains politiciens, y compris ceux des Verts et du SPD, ont appelé à des poursuites judiciaires contre l'AfD, arguant que ses activités violent les principes démocratiques. D'autres avertissent que les chiffres actuels du scrutin peuvent ne pas refléter avec précision le résultat final, citant des divergences passées.
Les politologues mettent en garde contre le fait que, bien que l'AfD puisse détenir une partie importante des votes, la majorité est incertaine. À l'approche des élections, l'accent reste mis sur les implications d'une victoire de l'AfD.
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