La Cour suprême a ordonné lundi aux gouvernements du Manipur et de l'Assam, ainsi qu'à d'autres autorités compétentes, de créer deux tribunaux spéciaux de première instance dédiés uniquement au traitement des affaires liées à la violence ethnique de 2023 au Manipur. Ces tribunaux seraient divisés, l'un pour les affaires enquêtées par le Bureau central d'enquête (CBI) et l'autre pour celles traitées par l'Agence nationale d'enquête (NIA).
Le tribunal a demandé des informations détaillées sur l'état actuel des enquêtes, en se concentrant en particulier sur les cas où des actes d'accusation ont été déposés. Il a chargé le greffier général de la Haute Cour concernée de préparer un rapport complet sur la question à soumettre avant la prochaine audience. La cour a reconnu que plusieurs affaires ont atteint le stade des accusations formelles, les représentants légaux et les familles touchées ayant besoin d'accéder aux dossiers pertinents. L'ordonnance a souligné l'importance de maintenir une documentation claire et de veiller à ce que toutes les parties, les victimes, leurs familles et les avocats, soient pleinement informées de la procédure.
Le tribunal a également souligné les efforts continus de la police et des forces de sécurité du Manipur pour rétablir l'ordre public à la suite des violences. Des opérations conjointes ont contribué à la récupération d'armes et à l'arrestation des suspects. La justice a exprimé sa confiance dans le travail ininterrompu de la CBI et de la NIA, soulignant la nécessité d'un soutien coordonné des agences étatiques et centrales pour maintenir la sécurité et faciliter les enquêtes.
Selon le solliciteur général additionnel Aishwarya Bhati, la CBI a terminé ses enquêtes dans 27 des 31 cas, avec 22 fiches de charge déposées et cinq rapports de clôture soumis. Quatre cas restent en cours d'enquête. Sur les 22 cas inculpés, 20 ont été officiellement acceptés pour poursuite, tandis qu'un est prévu pour l'arbitrage au niveau de magistrat. Tous les cas de la CBI ont été transférés à Gauhati pour procès.
La décision de la cour de proposer des tribunaux spéciaux découle de préoccupations concernant le grand nombre de témoins en attente d'interrogatoire. Sur les 904 témoins dans les affaires de la CBI, 891 n'ont pas encore témoigné. L'ampleur du nombre de dossiers a soulevé des questions sur l'efficacité des processus judiciaires actuels. Le tribunal a donc exhorté le juge en chef de la Haute Cour de Gauhati à évaluer la viabilité de la création de tribunaux dédiés pour ces affaires, transférant potentiellement des questions non liées à d'autres tribunaux.
Les représentants juridiques, y compris l'avocat Colin Gonsalves, ont exprimé leur frustration face au rythme lent des procès, en particulier compte tenu de la gravité des infractions, telles que les agressions sexuelles et les viols collectifs enregistrés en vidéo.
L'échange a reflété la tension entre les défenseurs qui plaidaient pour une résolution plus rapide et les fonctionnaires qui insistaient sur le respect des procédures.
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