Robert F. Kennedy, l'ancien secrétaire adjoint à la Santé et aux Services sociaux, a proposé une vaste initiative visant à relancer les compétences culinaires de base chez les Américains.
Selon Kennedy, l'impulsion pour cette initiative découle d'une préoccupation croissante concernant le déclin des connaissances culinaires parmi le public. Il a décrit la question comme une crise nationale, notant que de nombreuses personnes ont perdu la capacité de préparer des repas à partir de zéro.
En outre, une nouvelle plate-forme fédérale offrira des ressources telles que des plans de repas à faible coût et des contenus pédagogiques conçus pour promouvoir des habitudes alimentaires plus saines. Cette poussée pour l'éducation culinaire coïncide avec la publication des Directives diététiques pour les Américains 20252030, qui ont été développées sous la direction de Kennedy et de la secrétaire à l'Agriculture, Brooke Rollins.
La viande rouge, le lait entier et les graisses saines occupent désormais la partie supérieure de la pyramide, tandis que les céréales sont reléguées au bas. Ce changement marque un renversement des conseils diététiques de longue date, réintroduisant des aliments auparavant découragés en raison de préoccupations concernant les maladies cardiaques et d'autres maladies chroniques. Les nouvelles lignes directrices soulignent également l'importance d'éviter les aliments hautement transformés, bien que la définition de "transformés" reste ambiguë. Les soupes en conserve, le yaourt et les préparations pour bébés, tous des articles largement consommés, ne sont pas explicitement classés dans les lignes directrices, laissant les consommateurs dans l'incertitude quant à ce qui constitue des choix diététiques acceptables.
En dépit de ces incertitudes, certains aspects de la nouvelle approche semblent s'appuyer sur des preuves scientifiques. Par exemple, les États-Unis continuent de lutter contre une grave épidémie d'obésité, avec 35% des adultes classés comme obèses, selon les données de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Ce chiffre est presque le double de la moyenne de l'OCDE pour les pays membres. Les lignes directrices diététiques américaines révèlent un modèle d'évolution des recommandations façonnées à la fois par la recherche scientifique et l'influence politique. Depuis 1980, le gouvernement a publié des lignes directrices mises à jour tous les cinq ans, reflétant souvent des changements dans les priorités de santé publique et les pressions de l'industrie.
Les premières directives mettaient en garde contre la consommation de graisses, ce qui a conduit à l'adoption généralisée de régimes pauvres en graisses et à une augmentation correspondante de l'apport en sucre. L'emblématique Guide alimentaire Pyramide, introduit en 1992, a placé les céréales à la base d'un régime équilibré, reléguant les graisses à un rôle mineur. Cependant, ce modèle a été critiqué pour son manque de clarté et son incapacité à prendre en compte les complexités de la nutrition moderne.
Malgré ces changements, les taux d'obésité dans le pays ont augmenté régulièrement, atteignant près de 40% en 2021. Cette tendance souligne les limites des efforts gouvernementaux pour influencer le comportement alimentaire, suggérant que la politique à elle seule peut ne pas être suffisante pour relever les défis de santé publique.
Au fur et à mesure que l'initiative avance, son succès dépendra de facteurs tels que l'accueil du public, l'allocation des ressources et l'efficacité des programmes éducatifs pour favoriser un changement durable.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 5 €/mois.
Devenir soutien