En Croatie, les mesures effectuées à la station hydrométrique de Batica, située à Baranja, dans la partie la plus orientale du pays, près de la frontière serbe, ont montré un niveau record de -142 centimètres pour le Danube, dépassant le record précédent établi en 1909. De même, la rivière Drava a enregistré des niveaux encore plus bas, allant de -172 à -192 centimètres à différentes stations de mesure. Ces conditions extrêmes ont suscité des inquiétudes parmi les responsables et incité à des appels à une utilisation responsable de l'eau.
En Croatie, le chef de l'agence de gestion de l'eau de l'État, Zoran Đuroković, a mis en garde contre des situations graves, mais a souligné que l'approvisionnement en eau reste stable pour le moment. S'adressant à la télévision croate HRT, il a exhorté les citoyens à utiliser l'eau et l'électricité plus efficacement. Il a expliqué que la société d'énergie HEP ajuste la quantité d'eau utilisée pour la production d'électricité afin d'assurer un minimum biologique, dans le but de maintenir l'équilibre et d'agir de manière responsable envers la nature.
Selon le ministère de la Construction, des Transports et des Infrastructures, trois barges ont coulé près des localités de Bogojevo et Bezdan en raison du niveau d'eau exceptionnellement bas sur le Danube. Des défis similaires sont rencontrés en Hongrie et en Roumanie, où les niveaux extrêmement bas du Danube ont un impact sur les systèmes de refroidissement des réacteurs nucléaires. En Roumanie, les autorités ont fait sauter des digues rocheuses le long du Danube pour rediriger le débit d'eau pour le refroidissement d'un réacteur de la centrale nucléaire. Un autre réacteur a déjà été arrêté. La Hongrie, quant à elle, a reporté l'arrêt de sa centrale nucléaire de plusieurs jours.
Les deux pays ont appelé à une réduction de la consommation d'énergie, exhortant les citoyens à économiser l'électricité. En Hongrie, la charge sur le réseau a légèrement baissé lundi soir, permettant au gouvernement d'éviter la mise en œuvre de mesures d'urgence pour le moment. Cependant, si les efforts de conservation volontaires ne parviennent pas à répondre aux demandes, des mesures similaires pourraient être introduites en Roumanie. La Roumanie a pris d'autres mesures, suspendant temporairement certaines opérations industrielles pour réduire la demande d'électricité. Par exemple, deux usines appartenant aux sociétés Dacia et Ford ont été fermées pendant deux semaines. Ces actions reflètent la gravité de la situation actuelle et l'urgence de la gestion des ressources dans des conditions de sécheresse sans précédent.
L'impact va au-delà de l'énergie et des transports. La pénurie d'eau affecte également les activités agricoles et les écosystèmes locaux. En Croatie, le ministère de la Construction, des Transports et des Infrastructures a noté que les faibles niveaux d'eau ont créé des conditions dangereuses pour la navigation fluviale, entraînant des accidents tels que le naufrage de péniches. Cela souligne les conséquences plus larges des périodes de sécheresse prolongées sur les systèmes humains et environnementaux.
Les experts préviennent que ces phénomènes météorologiques extrêmes pourraient devenir plus fréquents en raison du changement climatique, nécessitant des stratégies d'adaptation pour la gestion future des ressources.
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