Pour les communautés multiculturelles en Australie, le recensement est plus qu'un simple décompte de personnes, c'est un outil vital qui façonne la prestation de services essentiels. Les inquiétudes récentes concernant l'exactitude et l'exhaustivité des données du recensement ont souligné à quel point il est essentiel de garantir un traitement équitable, en particulier parmi les groupes non anglophones et culturellement divers.
Son histoire est devenue emblématique des défis auxquels sont confrontés les migrants et les réfugiés pour accéder à des soins de santé opportuns et appropriés. Gia Lam, 32 ans, a donné naissance à un bébé garçon en 2019. Trois jours plus tard, elle a été retrouvée morte dans son domicile. Une enquête menée par la Cour des coroners de la Nouvelle-Galles du Sud a conclu que son décès était évitable, résultant d'une septicémie causée par des infections des voies urinaires non diagnostiquées. Selon les conclusions du tribunal, de multiples échecs se sont produits dans le diagnostic de son état. Notamment, pendant certaines parties de son séjour à l'hôpital, les interprètes vietnamiens n'étaient pas disponibles, ce qui a entravé une communication efficace entre Lam et le personnel médical.
Priyanka Rai, directrice exécutive de l'Australian Multicultural Health Collaborative, a souligné que de tels cas ne sont pas isolés. Elle a cité de nombreux cas similaires où les barrières linguistiques ont conduit à une mauvaise communication et, dans certains cas, à des résultats fataux.
Cela souligne l'importance de données précises du recensement pour déterminer le besoin de services de traduction et d'interprétation, qui sont cruciaux dans les établissements de soins de santé. Le prochain recensement, prévu pour le mardi 11 août, vise à recueillir des informations démographiques détaillées, y compris l'ascendance, le pays de naissance et la langue parlée à la maison.
Malgré son importance, le formulaire de recensement est souvent considéré comme complexe, en particulier pour les personnes qui ne connaissent pas l'anglais. Abbas Raza Alvi, président de l'Indian Crescent Society of Australia, a souligné que le formulaire comprend jusqu'à 66 questions, dont certaines contiennent une terminologie qui peut être difficile à comprendre pour certains groupes.
Il influence les décisions relatives au soutien linguistique, aux programmes d'établissement, à la planification des transports, au zonage scolaire, à la fourniture de soins de santé, au développement des infrastructures et aux stratégies commerciales. Cette année, le recensement introduira deux nouvelles questions optionnelles pour les personnes âgées de 16 ans ou plus, posant des questions sur l'identité de genre et l'orientation sexuelle. Ces ajouts aideront à mieux comprendre et à répondre aux besoins de la communauté LGBTQI + en Australie. Au-delà des agences gouvernementales, des organisations telles que SBS News tirent parti des données du recensement pour adapter leur contenu.
Les chercheurs dépendent également fortement des données du recensement pour analyser les tendances démographiques, les changements économiques et la dynamique sociale. À l'approche du dernier recensement, l'exactitude des réponses sera cruciale pour orienter les politiques futures et la prestation de services pour la société australienne de plus en plus multiculturelle.
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