Un virage politique vers la droite a pris de l'ampleur en Amérique du Sud, avec des développements récents en Colombie marquant une autre étape importante dans cette tendance.
Selon Ulrich Brand, politologue et spécialiste de l'Amérique latine basé à l'Université de Vienne, ces nations partagent des défis communs malgré leurs différences, y compris de profondes crises économiques et une préférence parmi les élites pour des solutions autoritaires pour préserver leurs intérêts.
De la Espriella, qui se réfère à lui-même comme "El Tigre" (Le Tigre), a couru sur une plate-forme mettant l'accent sur un leadership fort et une action décisive pour restaurer la grandeur de la Colombie. Pendant sa campagne, il a déclaré qu'il avait "le courage" de gouverner le pays avec une main ferme, faisant écho à la rhétorique qui rappelle le président américain Donald Trump.
Ce résultat s'inscrit dans un schéma plus large de réalignement politique à travers le continent. Depuis le début de 2023, plusieurs pays d'Amérique du Sud ont connu des changements significatifs dans leur paysage politique. En mars, José Antonio Kast a pris ses fonctions de président du Chili, représentant une inclinaison vers la droite dans ce pays. Au Pérou, le politicien conservateur Keiko Fujimori semble prêt pour une victoire majeure, tandis qu'en Bolivie, Rodrigo Paz a mis fin au règne de longue date d'un gouvernement de gauche en novembre 2023.
Les facteurs économiques semblent jouer un rôle crucial dans cette transformation politique. Selon Ulrich Brand, la crise économique en cours a conduit de nombreuses élites politiques à privilégier des approches autoritaires pour protéger leurs intérêts. Il a noté qu'entre 2003 et 2014, les conditions économiques étaient plus favorables, permettant une plus grande intervention de l'État et des politiques de redistribution.
En dépit de certains progrès dans la lutte contre la pauvreté, les droits des autochtones, l'éducation et les soins de santé, de nombreux problèmes fondamentaux restent non résolus. Ceux-ci incluent l'héritage du colonialisme, les systèmes féodaux et les dictatures historiques.
Brand souligne que pour comprendre pourquoi les citoyens choisissent de soutenir les mouvements de droite, il faut examiner de près les circonstances uniques de chaque pays. En Colombie, par exemple, la gauche a toujours fait face à l'opposition, ce qui pourrait expliquer pourquoi Cepeda a obtenu de meilleurs résultats que prévu. Les observateurs notent que des problèmes tels que la violence, l'inflation et la corruption continuent de sévir dans la région, contribuant à l'insatisfaction du public avec les cadres politiques existants.
La trajectoire future de ces gouvernements de droite dépendra en grande partie de leur capacité à répondre aux préoccupations intérieures pressantes tout en naviguant dans des dynamiques géopolitiques complexes.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 5 €/mois.
Devenir soutien