Le projet de Formule 1 de Valence est devenu un symbole de l'argent public gaspillé sur une infrastructure défaillante, avec sa vision autrefois prometteuse réduite à un terrain abandonné où des milliers de personnes vivent sans services de base.
Plus de 300 millions d'euros ont été dépensés pour un projet qui s'est effondré, laissant derrière lui une zone négligée où près d'un millier de personnes survivent sans eau courante, électricité ou gestion des déchets. La situation s'est aggravée au point que le médiateur valencien a lancé une enquête sur le manque de services publics. Les résidents vivant dans des colonies de fortune près de l'ancienne piste de course décrivent leurs luttes quotidiennes. Ramón Pérez, un militant local de València És Refugi, explique comment ils dépendent de l'eau en bouteille et de l'autosuffisance parce que les autorités ne fournissent rien. Nous demandons des pelles ou des seaux pour nettoyer ces parcelles, mais personne ne vient, dit-il.
Le site, situé dans l'un des quartiers les plus chers de Valence, le Grao, était à l'origine destiné à un investissement de grande envergure. Il borde le port de Valence, la plage de La Malvarrosa et la ville des arts et des sciences. Ces dernières années, cette zone s'est transformée en un point chaud pour l'immobilier de luxe, avec des loyers atteignant plus de 1400 euros par mois.
Ces établissements informels abritent des personnes d'origines diverses, dont des migrants sahraouis, espagnols, marocains, algériens et polonais. Certains souffrent de problèmes de santé graves, tels que la perte d'un membre ou le besoin de dialyse.
Le projet est positionné comme l'un des plus précieux de la ville, mais il soulève des inquiétudes sur le déplacement. Les résidents qui y vivent actuellement, qui ont fait de l'espace leur maison malgré le manque de reconnaissance formelle, font face à la menace d'être chassés. Leur survie dans ces marges est devenue un rappel douloureux de la corruption et de la mauvaise gestion qui ont caractérisé la région sous le Parti populaire.
Un accord entre la ville et le gouvernement régional signifie que la moitié de cette dette tombera sur les résidents par le biais de concessions foncières. Cela ajoute une autre couche de fardeau à une communauté déjà aux prises avec les nécessités de base. Pendant ce temps, à Barcelone, des crises de logement similaires se déroulent. Carmen, mère de deux enfants, fait face à une expulsion après sept ans de vie dans un appartement squatté dans le quartier de Sant Martí. Son propriétaire, une société appelée Hipoges basée à Madrid, refuse de lui offrir un contrat de location sociale, préférant plutôt payer des amendes que de l'accueillir. Sans alternative, elle risque de perdre sa maison et son enfant.
Son cas reflète un modèle plus large: à Barcelone, les refuges d'urgence sont devenus la première réponse à l'itinérance, bien qu'ils aient été conçus comme des solutions temporaires. Plus de 3 200 personnes, principalement des familles avec enfants, résident dans ces installations, dont beaucoup y restent plus de six mois. La ville a augmenté son budget pour ces services, mais le système reste débordé. Les options de Carmen sont limitées. Les services sociaux ne peuvent lui offrir que trois jours dans un refuge, ce qui est inadéquat pour élever un enfant. La liste des logements d'urgence de la ville comprend plus de 700 familles, mais le temps d'attente moyen est de quatre ans.
Pendant ce temps, la municipalité offre une allocation mensuelle allant jusqu'à 1 500 euros, mais la recherche d'un logement abordable reste impossible compte tenu de sa situation. La ville reconnaît la difficulté d'obtenir un logement abordable et admet une discrimination systémique fondée sur des facteurs socio-économiques et raciaux. Depuis juillet 2025, seules 30 familles ont réussi à quitter le logement d'urgence par le biais de ce programme.
Alors que Valence et Barcelone se débattent avec les conséquences des politiques passées, le coût humain devient de plus en plus évident.
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