Une équipe de chercheurs a démontré que les carrés latins quantiques, un concept dérivé des carrés latins classiques, ne peuvent résoudre le problème des 36 officiers sans utiliser l'intrication, une caractéristique fondamentale de la mécanique quantique.
Le problème des 36 officiers, formulé à l'origine par le mathématicien suisse Leonhard Euler en 1782, consiste à disposer 36 officiers, six de chacun des six régiments différents et six grades différents, dans une grille de 6 par 6. L'objectif est de s'assurer que chaque ligne et chaque colonne contient un officier de chaque régiment et de chaque grade. Malgré de nombreuses tentatives au cours des siècles, les méthodes classiques ont toujours échoué à trouver une solution. Cela a conduit au problème étant classé comme insoluble sous des contraintes traditionnelles. Ces dernières années, les physiciens ont exploré des versions quantiques du problème, en remplaçant les symboles classiques par des états quantiques décrits par des vecteurs dans un espace de Hilbert.
Ces carrés latins quantiques permettent des configurations plus flexibles, permettant des solutions que les méthodes classiques ne peuvent pas atteindre. Cependant, la question est restée: ces solutions quantiques pourraient-elles être obtenues sans entrelacement? Pour y répondre, l'équipe de recherche a étudié s'il était possible de construire deux carrés latins quantiques mutuellement orthogonaux, chacun contenant six symboles disposés de manière à ce que chaque symbole apparaisse une fois par ligne et colonne, sans nécessiter d'intrication entre les états quantiques.
Les chercheurs ont commencé par supposer que l'un des carrés latins était classique, simplifiant ainsi leur analyse. Ils ont ensuite appliqué les principes de la combinatoire et de la théorie des graphes pour réduire le problème à une structure mathématique bien définie. Leurs résultats ont révélé que la construction de tels carrés latins quantiques orthogonaux sans enchevêtrement est impossible. Ce résultat s'aligne avec les propositions théoriques antérieures suggérant que l'enchevêtrement joue un rôle crucial dans la résolution de la variante quantique du problème d'Euler. Les implications de cette découverte vont au-delà des mathématiques pures.
En termes pratiques, une solution quantique qui évite l'enchevêtrement permettrait la mise en œuvre de certains algorithmes quantiques en utilisant moins de ressources informatiques. Cependant, l'absence d'une telle solution souligne la nécessité de l'enchevêtrement pour obtenir les résultats souhaités dans le traitement de l'information quantique. Robin Simoens, le chercheur principal du projet, a noté que la solution quantique exige que les rangs des officiers prennent simultanément plusieurs valeurs, une propriété inhérente à l'enchevêtrement. Il a comparé cette dépendance à permettre plusieurs nombres dans une seule cellule dans un puzzle de Sudoku, une approche qui défie la logique classique mais devient réalisable dans un cadre quantique.
Cette découverte contribue à une compréhension plus large de la façon dont la mécanique quantique peut améliorer les problèmes combinatoires classiques. Elle souligne également les avantages uniques que les systèmes quantiques offrent dans des scénarios où les méthodes classiques sont insuffisantes. Alors que l'informatique quantique continue d'évoluer, de telles études joueront un rôle vital dans la formation de ses applications futures.
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