Vladimir Poutine a effectué jeudi sa première visite officielle dans les îles disputées des Kouriles, suscitant la condamnation immédiate du Japon, qui revendique les quatre îles les plus méridionales de la chaîne. Les îles, connues sous le nom de Territoires du Nord au Japon et de Kouriles du Sud en Russie, ont été un point chaud dans les relations russo-japonaises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La visite intervient au milieu de tensions accrues entre le Japon et la Russie, exacerbées par l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022. Il a souligné que cette décision approfondirait les tensions existantes dans les relations bilatérales et rendrait la coopération future plus difficile. Les îles Kouriles se trouvent à environ six milles de l'île principale la plus au nord du Japon, Hokkaido, ce qui les rend stratégiquement vitales pour Tokyo.
En réponse à la protestation du Japon, l'ambassade de Russie à Tokyo a décrit la réaction comme " infondée ", affirmant que les îles Kouriles du sud font partie intégrante de la Russie. Il a également noté que la visite de Poutine était une décision souveraine de la direction russe et ne pouvait pas faire l'objet d'un examen externe.
La visite de Poutine aux îles Kouriles fait suite à une série de voyages dans des régions éloignées de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe. Avant d'arriver à Iturup, il a assisté à la phase finale des exercices menés par la flotte russe du Pacifique sur l'île de Sakhaline. S'exprimant à bord d'un navire de guerre pendant les exercices, Poutine a réaffirmé que le statut actuel des îles est reconnu dans les documents internationaux à la suite des arrangements d'après-guerre. Cependant, il a également exprimé son ouverture à la recherche d'une résolution pacifique avec le Japon, citant les efforts passés avec l'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui a travaillé à améliorer les relations bilatérales avant sa mort en 2022.
Le Premier ministre japonais Sanae Takaichi a critiqué la visite comme "absolument inacceptable" et a averti qu'elle renforcerait encore le sentiment public contre la Russie. Elle a fait valoir que cette décision complique le rétablissement des relations bilatérales, en particulier à la lumière du conflit en cours en Ukraine et des sanctions imposées par le Japon. Takaichi a également souligné l'aspect humanitaire du maintien des liens avec la Russie, notant que certains anciens résidents japonais souhaitent toujours retourner dans les îles ou visiter les tombes ancestrales.
Les deux nations ont périodiquement soulevé la question lors de réunions de haut niveau, mais les progrès ont été minimes. La Russie a toujours maintenu que les îles font légalement partie de son territoire, tandis que le Japon insiste sur sa souveraineté fondée sur des revendications historiques et le droit international.
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