Au cours de l'été 2026, le Département fédéral de la défense, de la protection civile et des sports (VBS) de Suisse se trouve à un tournant critique alors qu'il navigue dans l'un de ses projets de transformation numérique les plus ambitieux à ce jour. Connu sous le nom de "iTask", cette initiative vise à séparer les systèmes d'information civils des systèmes militaires sensibles au sein du département. Le projet est en cours depuis 2016, à la suite d'une cyberattaque significative contre la société de défense publique Ruag. Cet incident a incité le VBS à lancer le processus de désencombrement de son infrastructure informatique, un mouvement qui entre maintenant dans une phase particulièrement délicate.
La complexité de la tâche est soulignée par la nécessité de démêler environ 126 services informatiques d'entreprise distincts, dont certains doivent être migrés vers une nouvelle plate-forme numérique spécialement conçue pour les forces armées suisses.
Malgré les objectifs ambitieux, le projet fait l'objet d'un examen minutieux de la part du Bureau fédéral d'audit, qui a récemment publié un examen détaillé mettant en évidence plusieurs préoccupations. L'audit a souligné que la planification globale du projet iTask était jugée incomplète, avec une délimitation peu claire des responsabilités, des tâches et des compétences. Il y avait également des avertissements sur les risques potentiels, y compris la possibilité que le VBS ne puisse pas fournir les services requis à temps, ou du tout, ou qu'ils puissent être livrés de qualité inférieure. Ces résultats ont soulevé des questions sur la faisabilité et la gestion du projet, en particulier compte tenu des enjeux élevés en jeu.
En réponse à l'audit, le VBS a reconnu les recommandations formulées et s'efforce de les mettre en œuvre étape par étape. Daniel Keller, chef d'état-major de l'armée, a exprimé sa confiance dans le statut actuel du projet, affirmant qu'il avait atteint un niveau élevé de maturité en termes de mise en œuvre technique. Cependant, il a également souligné les défis posés par le besoin de personnel spécialisé capable de gérer le projet sur une période aussi longue. La migration des services vers la nouvelle plate-forme numérique présente des complexités supplémentaires, notamment des dépendances techniques et la disponibilité des ressources, dont certaines restent inconnues à l'heure actuelle.
Pour atténuer ces risques, le VBS a opté pour une approche par étapes, conduisant des programmes pilotes pour tester des aspects du système avant le déploiement à grande échelle.
Au fur et à mesure que le projet progresse, l'accent sera probablement mis sur l'assurance que la nouvelle plate-forme numérique répond aux exigences de sécurité strictes nécessaires aux opérations militaires tout en soutenant simultanément les fonctions civiles plus larges du VBS. La séparation réussie de ces systèmes est considérée comme vitale non seulement pour renforcer la cybersécurité, mais aussi pour améliorer l'efficacité et la conformité aux normes réglementaires.
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