Le parlement turc a approuvé samedi une loi révisée sur la protection de l'enfance, augmentant considérablement les peines de prison pour les mineurs reconnus coupables de crimes graves, y compris le meurtre. Les amendements visent à répondre aux préoccupations concernant l'implication des jeunes dans des actes de violence et le crime organisé, en particulier dans les zones urbaines. En vertu des nouvelles dispositions, les contrevenants âgés de 15 à 18 ans qui commettent un homicide intentionnel ou une blessure aggravée entraînant de graves conséquences pourraient être condamnés à des peines de prison allant de 19 à 27 ans. Ceux qui commettent des infractions passibles d'une peine normale d'emprisonnement à perpétuité recevraient des peines de 15 à 18 ans.
La loi étend également des peines similaires aux enfants âgés de 12 à 14 ans dans des circonstances spécifiques, marquant un changement dans la façon dont les délinquants juvéniles sont traités dans le cadre juridique turc.
La nouvelle législation accorde aux juges une plus grande discrétion dans la détermination de la peine des mineurs, leur permettant de contourner les réductions automatiques généralement accordées aux jeunes contrevenants.
Lorsqu'une poursuite publique est engagée contre un enfant, les autorités doivent informer les organes gouvernementaux compétents, y compris le ministère de la Famille et des Services sociaux et le ministère de l'Éducation nationale, pour mettre en œuvre des interventions administratives appropriées.
Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a salué la nouvelle loi, affirmant qu'elle renforce la dissuasion contre les crimes graves tout en renforçant la protection des enfants contre l'exploitation par les réseaux criminels. Il a souligné l'engagement du gouvernement à assurer un environnement plus sûr pour les jeunes, en accord avec la vision du président Recep Tayyip Erdoğan d'une Turquie plus juste et plus sûre. Le ministre de l'Intérieur, Mustafa Çiftçi, a décrit la législation comme "la voix des sans voix", soulignant son objectif de prévention de la criminalité par une intervention précoce et des mesures de protection.
Seda Akço, une avocate des droits de l'enfant, a noté que si la législation semble satisfaire le sentiment public, elle ne parvient pas à résoudre des problèmes plus profonds tels que le manque d'opportunités éducatives et le soutien insuffisant des parents. Elle a souligné la nécessité de politiques globales comprenant un meilleur accès à la scolarité, une meilleure orientation parentale et des programmes de prévention communautaires. Selon Akço, le simple fait d'augmenter les peines ne résout pas les causes profondes de la criminalité juvénile et peut conduire à une marginalisation accrue des populations vulnérables.
La loi modifie également les procédures de placement des mineurs dans les centres de détention pour mineurs, exigeant une ségrégation basée sur le sexe, la maturité physique et la nature de l'infraction. Des garanties supplémentaires sont introduites pour faciliter les transferts d'établissements fermés vers des établissements d'enseignement, impliquant des examens réguliers par des groupes spécialisés. Ces changements reflètent une tentative d'équilibrer les mesures punitives avec les efforts de réadaptation, bien que leur efficacité reste soumise à une évaluation continue.
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