Le soutien palestinien à la lutte armée a considérablement diminué au cours de la dernière année, selon un nouveau sondage d'opinion publié ce mois-ci. Le Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes, basé à Ramallah, a mené l'enquête dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Il fait suite à l'annonce par le président Mahmoud Abbas d'élections présidentielles et législatives prévues pour novembre 2027. Les résultats révèlent un changement de sentiment public vers la négociation pacifique comme voie privilégiée pour parvenir à l'État et mettre fin à l'occupation israélienne.
L'enquête indique que 27% des répondants sont désormais favorables à la lutte armée comme moyen le plus efficace pour assurer un État palestinien indépendant, contre 41% en octobre. En revanche, 44% des participants soutiennent les négociations, contre 36% un an plus tôt. Bien que la préférence globale pour la lutte armée ait diminué, les opinions sur son efficacité restent divisées. La moitié des répondants croient qu'elle a été efficace, tandis que l'autre moitié affirme qu'elle a causé des ravages à Gaza et en Cisjordanie.
Plus de 73 000 Gazaouis sont morts, et les organisations de défense des droits de l'homme estiment que le bilan pourrait être encore plus élevé en raison du grand nombre de corps non comptabilisés enterrés sous les décombres.
Quatre-vingt pour cent des personnes interrogées souhaitent sa démission, et son taux d'approbation est tombé à 18 pour cent, contre 21 pour cent en octobre. La direction palestinienne fait face à des critiques croissantes de la part de ses citoyens et de la communauté internationale. Beaucoup considèrent Abbas comme inefficace pour faire avancer les efforts de paix ou pour faire face à la crise humanitaire à Gaza. Parmi les personnalités les plus populaires du sondage, Marwan Barghouti, un activiste emprisonné connu pour son opposition aux politiques israéliennes. Il a reçu 39 pour cent des voix en tant que successeur potentiel d'Abbas, dépassant le président actuel et d'autres candidats.
Malgré son incarcération depuis 2002, Barghouti conserve un large soutien, 54% des 1270 répondants le classant au-dessus d'Abbas et Khalil All Hayya, qui est récemment devenu le chef politique du Hamas.
La reconnaissance internationale de l'État palestinien a augmenté, avec plus de 80% des États membres de l'ONU reconnaissant officiellement la Palestine. Des pays tels que le Canada, le Royaume-Uni, la France et l'Australie se sont joints à cette tendance l'année dernière. Ce soutien diplomatique croissant exerce une pression supplémentaire sur l'Autorité palestinienne pour mettre en œuvre des réformes et améliorer la gouvernance. Khalil Shikaki, directeur du Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes, a souligné que le succès des élections dépend de la poursuite de la pression internationale. " Tant que la pression qui a conduit Abbas à prendre cette mesure se poursuivra, cela se produira ", a-t-il fait remarquer.
L'avenir de la politique palestinienne semble de plus en plus incertain, façonné par l'évolution de l'opinion publique, les divisions internes et les pressions extérieures.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 4 €/mois.
Devenir soutien