Des dizaines de fidèles ont été enlevés lors de la prière du vendredi dans l'État du Niger, au Nigeria, alors que des militants armés ont pris d'assaut une mosquée du village de Kpenya, ont confirmé les autorités locales samedi. L'attaque a eu lieu dans un contexte d'instabilité en cours dans le nord du Nigeria, où les groupes djihadistes continuent de représenter une menace malgré une baisse de l'activité insurrectionnelle à grande échelle au cours des dernières années. Les survivants ont décrit l'attaque comme brutale, les assaillants utilisant des armes à feu, des couteaux et des machettes pour effectuer l'enlèvement et auraient tué certains villageois. L'incident s'est déroulé peu de temps après la fin des prières du vendredi à la mosquée de Kpenya, selon un survivant qui a parlé à l'AFP.
Les assaillants, qui seraient des centaines, sont entrés dans le village et ont pris pour cible la mosquée, prenant des otages et provoquant la panique parmi les fidèles rassemblés. Un témoin oculaire a raconté comment les assaillants ont prétendu appliquer les "vrais enseignements islamiques" lors de la violence. Les résidents locaux ont estimé que jusqu'à 60 personnes ont été capturées, bien que le nombre exact reste incertain. Certains témoins ont également signalé des morts, mais la police a déclaré que les premiers rapports suggéraient qu'aucune vie n'avait été perdue.
Cependant, des témoignages locaux indiquent une possible implication de plusieurs factions djihadistes opérant dans la région. Un habitant a déclaré à l'AFP que les attaquants semblaient appartenir à Lakurawa, un groupe lié par des chercheurs à la province du Sahel de l'État islamique. Un autre témoin a suggéré que les attaquants étaient affiliés à Ansaru, un groupe dissident qui s'est séparé de Boko Haram et s'est aligné plus tard avec Al-Qaïda.
L'attaque met en évidence la présence continue de réseaux extrémistes dans le nord du Nigeria, même si l'activité djihadiste globale a diminué par rapport au pic de l'insurrection de Boko Haram il y a une décennie. Alors que le gouvernement a fait des efforts pour contrer ces menaces par le biais d'opérations militaires et de collecte de renseignements, les ressources restent minces en raison de conflits qui se chevauchent impliquant à la fois des éléments criminels idéologiques et non idéologiques.
Les autorités nigérianes ont travaillé à développer de nouvelles technologies pour combattre les insurrections, y compris le déploiement de drones pour surveiller et répondre aux attaques dans les zones reculées. Ces mesures reflètent une stratégie plus large visant à améliorer la surveillance et les capacités de réponse contre des groupes tels que Boko Haram, Ansaru et d'autres. Malgré ces progrès, les défis persistent pour s'attaquer aux causes profondes de l'extrémisme et assurer la stabilité à long terme dans les régions touchées par le conflit. Les responsables de la sécurité n'ont pas exclu la possibilité de nouvelles attaques dans les prochains jours, compte tenu de la nature volatile de la situation dans l'État du Niger.
Pendant ce temps, les familles des personnes enlevées attendent avec impatience les mises à jour des autorités locales et espèrent le retour en toute sécurité de leurs proches. L'incident a ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des civils dans les zones fréquemment ciblées par les groupes militants, suscitant des appels à une protection accrue et à des stratégies de contre-insurrection plus robustes.
Alors que les enquêtes sur l'incident se poursuivent, l'identité des assaillants et le sort des personnes enlevées restent incertains, ajoutant à la tension dans une région déjà aux prises avec une insécurité persistante.
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