Le gouvernement du Nicaragua aurait retiré de nombreux certificats professionnels à de nombreux avocats dans le cadre d'une campagne plus large visant à réprimer la dissidence et à consolider le pouvoir.
Selon les rapports, les révocations se sont produites sans préavis formel du gouvernement, laissant de nombreux professionnels concernés incertains quant aux raisons de la décision. Reed Brody, un avocat américain des droits de l'homme et membre d'un groupe des Nations Unies surveillant la situation au Nicaragua, a noté que les renvois semblaient cibler un nombre important de praticiens du droit.
La profession juridique n'est pas le premier secteur à faire face à un tel traitement. Depuis 2018, lorsque des manifestations anti-gouvernementales de masse ont éclaté et ont été confrontées à une répression violente, le régime Ortega-Murillo a mis en œuvre des mesures radicales pour faire taire l'opposition.
Juan Diego Barberena, un éminent avocat des droits de l'homme qui s'est enfui au Costa Rica en 2022, a confirmé que sa certification juridique avait été supprimée des registres officiels. Il a déclaré qu'il était au courant d'au moins 25 autres collègues confrontés à des destins similaires. En tentant de vérifier ses références en ligne, Barberena a trouvé son nom et son numéro de licence complètement absents du système. Il a décrit l'acte comme un outil de contrôle autoritaire, permettant au gouvernement de dicter qui peut pratiquer le droit dans le pays.
Barberena a souligné que les révocations allaient au-delà de ceux connus pour s'opposer au gouvernement. Certains avocats concernés pratiquaient des domaines du droit sans rapport avec la politique, tels que le droit pénal ou familial. D'autres étaient même alignés avec le parti au pouvoir. Ce ciblage large suggère une intention d'éliminer tout défi potentiel à la domination du régime, indépendamment de la position politique ou du domaine d'expertise d'un individu. Les implications de ces actions vont bien au-delà du domaine juridique. En supprimant la capacité de certains professionnels à opérer légalement, le gouvernement limite efficacement les voies par lesquelles les citoyens peuvent demander justice ou contester les décisions gouvernementales.
Les réactions internationales à ces développements restent axées sur les appels à la responsabilisation et les préoccupations concernant l'érosion des libertés civiles au Nicaragua. Au fur et à mesure que la situation se développe, l'attention se tournera probablement vers la façon dont la communauté internationale répondra, en particulier si des sanctions ou des pressions diplomatiques suivront.
Pour l'instant, les avocats concernés se retrouvent dans l'impasse, dépouillés de leur statut professionnel et laissés à naviguer dans un paysage de plus en plus hostile à la pensée indépendante et à la représentation juridique.
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