La réforme, approuvée par le cabinet fédéral mercredi, s'étend sur 700 pages et marque un changement radical dans le fonctionnement des services d'espionnage allemands.
Les réformes ont été introduites par le gouvernement du chancelier Olaf Scholz au milieu de menaces de sécurité croissantes, en particulier après un incident presque catastrophique impliquant des drones présumés à l'aéroport de Leipzig plus tôt cette année.
Ils ont fait valoir que les agences allemandes manquaient d'outils nécessaires pour prévenir efficacement les attaques terroristes et dépendaient excessivement des renseignements externes. Les ministres chargés de superviser les réformes, le chef du bureau du chancelier Nina Warken (CDU) pour le Service fédéral de renseignement (BND) et le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) pour l'Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), ont pris soin d'éviter d'utiliser certains termes lors de l'annonce.
Les réformes visent à moderniser l'appareil de renseignement allemand, lui permettant d'agir de manière plus agressive contre les ennemis perçus à la fois au niveau national et international. Les critiques, cependant, mettent en garde contre un potentiel dépassement et l'érosion des libertés civiles. Les mesures proposées comprennent une surveillance étendue des individus, y compris la surveillance des communications, des activités sur Internet et même des environnements domestiques. Ces actions soulèvent de sérieuses questions sur la surveillance et la responsabilité. Le BND et le BfV, qui ont historiquement été critiqués pour des erreurs et des erreurs de jugement, exerceront-ils ces pouvoirs élargis de manière responsable? Qui veillera à ce qu'ils restent dans les limites légales?
La réforme touche également à la séparation des fonctions entre la police et les services de renseignement. Dobrindt a proposé d'abolir le pare-feu existant, une mesure qui a suscité de vives critiques de la part des partis d'opposition. Le Parti de gauche a averti qu'un tel changement pourrait conduire l'Allemagne sur la voie de la création d'une police secrète, un terme toujours considéré négativement dans le discours public. Le membre du Parti vert Constantine von Notz, l'un des surveillants parlementaires les plus expérimentés des activités de renseignement, a souligné la nécessité de limites constitutionnelles strictes, en particulier en ce qui concerne les nouveaux pouvoirs du BfV.
Il a noté que les changements proposés doivent tenir compte des leçons historiques pour éviter de répéter les erreurs du passé. Au sein du BfV lui-même, il y a eu une résistance à l'idée de déplacer son rôle d'observation et de collecte d'informations à une intervention active. Le personnel de l'agence a traditionnellement maintenu que leur mission implique la surveillance plutôt que l'action directe. Ce changement idéologique pose des défis supplémentaires, en particulier compte tenu de la sensibilité des opérations nationales par rapport aux missions à l'étranger du BND. La législation décrit une série de mesures visant à renforcer la surveillance des extrémistes, y compris la surveillance du comportement en ligne, des appels téléphoniques et des emplacements physiques.
Bien que ces dispositions soient considérées comme des mesures nécessaires pour renforcer la sécurité nationale, elles introduisent également des dilemmes éthiques et juridiques complexes.
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