Le haut responsable de l'immigration de l'Union européenne, Magnus Brunner, a publiquement critiqué le plan espagnol de régularisation des migrants sans papiers en disant qu'il envoyait un " mauvais signal " au reste de l'Europe, à la suite d'une réunion d'urgence visant à résoudre les tensions déclenchées par la crise des migrants à Ceuta.
Les autorités locales ont initialement rapporté 88 morts, puis révisées à 100, avec au moins 11 autres décès enregistrés du côté marocain de la frontière. Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré qu'environ 70 000 des 72 000 migrants avaient quitté Ceuta, soulignant l'effort de rapatriement rapide. La crise a intensifié les divisions existantes au sein de l'UE, en particulier en ce qui concerne la politique migratoire.
Il a souligné que le débat sur la régularisation ne devait pas porter atteinte à la position collective de l'UE sur la gestion des flux migratoires. Cela incluait le déploiement de forces armées pour sécuriser Ceuta et son territoire voisin, Melilla.
Vivas, un politicien conservateur, a accusé Madrid de ne pas tenir compte des avertissements antérieurs sur l'augmentation des passages de migrants et a critiqué le manque de transparence concernant le nombre actuel de migrants restant sur le territoire. Il a noté que, bien que près de 75 000 personnes aient été renvoyées au Maroc, la situation reste volatile, avec des défis humanitaires en cours et des perturbations de l'ordre public.
En représailles, l'Espagne a imposé des restrictions similaires aux voyageurs en provenance d'Italie, affectant les voyages aériens et maritimes. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a condamné les mesures de l'Italie comme une "attaque contre la dignité du peuple espagnol" et une menace pour l'unité européenne. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a défendu la décision, arguant que l'Italie a la responsabilité de protéger ses frontières et que le programme de régularisation de l'Espagne envoie un "message négatif" qui met en danger la sécurité publique.
Pendant ce temps, la situation à Ceuta continue de soulever des problèmes humanitaires et logistiques complexes. Selon les autorités locales, environ 3 000 à 5 000 migrants restent sur le territoire, dont beaucoup sont des mineurs non accompagnés. Ces enfants, dont certains sont des tout-petits, ont été enregistrés par des bénévoles et sont hébergés par des voisins, bien que la capacité de les soutenir soit limitée. L'Espagne a alloué 25 millions d'euros pour aider les mineurs à Ceuta, mais les rapports suggèrent que le nombre réel d'enfants enregistrés dépasse les estimations officielles, certains journaux locaux rapportant plus de 4 800 mineurs sur le territoire.
Les autorités locales de droite se sont montrées réticentes à accepter ces enfants sur le continent espagnol, ce qui complique les efforts visant à fournir des soins adéquats. Les origines de la crise restent un sujet de débat. Alors que le commissaire espagnol à la migration, Magnus Brunner, a attribué l'augmentation des passages à des réseaux criminels diffusant de fausses informations, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est aligné sur ce point de vue.
Ce changement juridique, combiné à la diffusion de contenus trompeurs sur les médias sociaux, semble avoir joué un rôle dans le déclenchement du mouvement de masse. Des vidéos de migrants nageant vers Ceuta, largement partagées en ligne, ont alimenté les craintes d'une "invasion" de l'Europe, malgré les preuves que la plupart des migrants sont restés sur le territoire et n'avaient pas l'intention d'atteindre l'Europe continentale.
Alors que certains États membres, dont la France, ont soutenu ces initiatives, d'autres, comme le Danemark, ont souligné la nécessité de contrôles frontaliers plus stricts. Les différends en cours entre l'Espagne et l'Italie soulignent la fragmentation croissante au sein du bloc, la migration devenant un point chaud pour les rivalités politiques.
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