Les conditions de Mars, lorsqu'elles sont simulées dans des environnements contrôlés, n'ont pas réussi à éliminer certains agents pathogènes terrestres, selon des recherches récentes menées par le candidat au doctorat Tommaso Zaccaria. Ses découvertes remettent en question les hypothèses précédentes sur la capacité des environnements extraterrestres à neutraliser les microbes apportés de la Terre.
La recherche s'est concentrée sur des micro-organismes connus pour prospérer dans des conditions extrêmes sur Terre, y compris ceux trouvés près des volcans et en Antarctique. Parmi les espèces testées, les levures ont démontré une résilience remarquable dans des conditions extraterrestres simulées.
D'autres expériences ont révélé que des agents pathogènes humains communs, tels que Klebsiella pneumoniae, qui peuvent entraîner des infections graves comme la pneumonie, ont subi des changements physiques au cours du processus de simulation. Bien que ces agents pathogènes se soient réduits en taille, ils sont restés viables. Lorsqu'ils ont été exposés à des cellules immunitaires humaines dérivées d'échantillons de sang, les agents pathogènes modifiés ont provoqué des réponses immunitaires plus faibles.
L'équipe de Zaccaria a examiné comment ce matériau interagit avec le système respiratoire humain. Ils ont constaté que le régolithe martien et lunaire simulé causait plus de dommages au tissu pulmonaire que le sable terrestre. Cela soulève des inquiétudes concernant les problèmes respiratoires et les infections potentiels chez les futurs explorateurs s'aventurant au-delà de la Terre.
La recherche s'étend au-delà de l'exploration spatiale, offrant des informations précieuses sur le fonctionnement du système immunitaire humain. Les superviseurs Mihai Netea et Marien de Jonge ont souligné que la compréhension de la façon dont le système immunitaire réagit aux facteurs de stress dans l'espace peut fournir de nouvelles perspectives sur la santé immunologique sur Terre. Ils ont noté que les astronautes présentent souvent des signes de vieillissement accéléré et d'affaiblissement de l'immunité, des phénomènes qui sont également observés chez certaines populations sur Terre. En étudiant ces effets dans l'espace, les chercheurs espèrent développer de meilleures stratégies pour améliorer la fonction immunitaire et la santé globale.
La thèse de doctorat de Zaccaria, intitulée "La vie au-delà de la Terre: survie microbienne et santé immunitaire dans l'espace", a été supervisée par le professeur M.G. Netea et le professeur M.I. de Jonge, ainsi que par les co-superviseurs Dr. P. Rettberg et Dr. K. Beblo Vranesevic du Centre aérospatial allemand. Le travail souligne l'importance de considérer à la fois les aspects microbiens et immunologiques des missions spatiales de longue durée.
En ce qui concerne l'avenir, d'autres études se concentreront probablement sur le développement de techniques de stérilisation plus efficaces pour les engins spatiaux et les habitats, ainsi que sur l'exploration de moyens de renforcer le système immunitaire des astronautes pendant les voyages spatiaux prolongés.
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