Les banques continuent à financer massivement le secteur des hydrocarbures, malgré les appels internationaux pour une transition écologique rapide, selon un nouveau rapport publié par plusieurs ONG. Ce document, intitulé "Banking on Climate Chaos"*, montre que les institutions financières mondiales maintiennent un niveau élevé d'investissement dans les énergies fossiles, même si certaines banques européennes, comme celles de France, ont fait mieux que la moyenne mondiale. En effet, les banques françaises ont réduit leur financement des hydrocarbures en 2025, contrairement à la tendance générale.
Cette situation contrastée soulève des questions sur la cohérence entre les engagements climatiques et les actions concrètes des banques.
Le rapport, réalisé par un consortium d'organisations non gouvernementales spécialisées dans l'environnement, analyse les flux financiers des grandes banques à travers le monde. Il met en lumière que, globalement, les investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon restent élevés, ce qui entrave la lutte contre le changement climatique. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) rappelle qu'il faudrait réduire le financement des énergies fossiles de 60% chaque année jusqu'en 2030 pour atteindre les objectifs climatiques fixés par l'Accord de Paris. Malgré ces recommandations, les données montrent que les banques ne suivent pas suffisamment cette trajectoire.
Parmi les banques examinées, les institutions françaises se distinguent positivement. Elles ont réussi à diminuer leur portefeuille d'actifs liés aux hydrocarbures, ce qui place le pays en tête de la liste européenne. Cependant, cela reste insuffisant face aux exigences internationales. D'autres pays, notamment en Asie et en Amérique latine, voient leurs banques augmenter leurs investissements dans les projets fossiles, souvent en lien avec des politiques économiques nationales. Ces différences reflètent des priorités divergentes entre les États, certains souhaitant privilégier la croissance économique à court terme au détriment des impératifs environnementaux.
La question du financement des hydrocarbures est également au cœur des discussions locales.À Wallis et Futuna, un archipel français situé dans le Pacifique, des acteurs bancaires et des représentants de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Métropole et des Départements d'Outre-Mer (CCIMA) s'engagent activement pour soutenir les entreprises locales tout en respectant les normes environnementales.Ce cas illustre comment les politiques climatiques peuvent être adaptées aux réalités régionales, sans négliger les défis globaux.
Les ONG qui ont publié le rapport soulignent que, bien que les efforts français soient louables, ils doivent être renforcés.Elles exhortent les banques à adopter des stratégies plus ambitieuses, en alignant leurs pratiques sur les objectifs climatiques.En outre, elles mettent en garde contre le risque de conflits d'intérêts lorsque les banques financent des projets fossiles, en particulier ceux qui pourraient avoir des impacts négatifs sur les communautés locales ou les écosystèmes.
À l'avenir, les attentes sont élevées vis-à-vis des banques. Les mouvements sociaux et les pressions des citoyens, qui demandent une transition vers des énergies renouvelables, devraient pousser davantage les institutions financières à modifier leurs orientations. En France, les autorités publiques pourraient également intervenir en imposant des règles plus strictes concernant les investissements dans les énergies fossiles. Ainsi, le défi reste de concilier développement économique, sécurité énergétique et préservation de l'environnement.
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