Rabat a ordonné aux journalistes espagnols de l'agence de presse publique Efe et de la chaîne publique TVE de quitter la ville frontalière marocaine de Fnideq, connue sous le nom de Castillejos en Espagne, au milieu des tensions en cours liées à la crise migratoire à la frontière avec l'enclave espagnole de Ceuta.
L'ordre a été donné par un représentant du ministère de l'Intérieur marocain samedi après-midi. Les journalistes avaient été déployés à Fnideq pour rendre compte des événements se déroulant à la frontière, y compris l'utilisation de gaz lacrymogènes et de matraques par les unités anti-émeute marocaines pour disperser de grands groupes de migrants principalement subsahariens tentant d'atteindre Ceuta. Le gouvernement espagnol a souligné son engagement en faveur de la liberté de la presse dans le monde entier et cherche une résolution pour les journalistes expulsés. Le personnel de l'hôtel de Fnideq a informé les journalistes qu'ils avaient reçu des instructions des autorités locales de quitter immédiatement.
Auparavant, un fonctionnaire marocain leur avait dit de quitter la zone sans donner de raisons pour la décision, affirmant qu'il ne faisait que suivre les ordres. Il a averti que leur accréditation et leur équipement pourraient être confisqués s'ils ne s'y conformaient pas.
Pendant ce temps, la deuxième chaîne de télévision publique du Maroc, 2M, a accusé les autorités espagnoles d'avoir restreint l'accès de l'un de ses équipages à Ceuta plus tôt ce mois-ci, à la suite de l'afflux massif de plus de 70 000 personnes, qui a entraîné au moins 141 morts selon les organisations humanitaires.
Des sources de sécurité marocaines ont déclaré à Efe qu'au moins 294 migrants, 248 subsahariens et 46 marocains, ont été interceptés lors d'opérations visant à empêcher une autre tentative à grande échelle de passer à Ceuta.
L'expulsion des journalistes espagnols de Fnideq met en lumière la complexité croissante de la crise migratoire le long du détroit de Gibraltar, où des milliers de migrants continuent de tenter d'entrer en Europe par la bande de terre étroite séparant l'Espagne et le Maroc.
Le gouvernement espagnol a réitéré sa position sur la liberté de la presse, indiquant qu'il chercherait des solutions pour assurer la sécurité et la poursuite du travail de ses journalistes dans la région. Les autorités des deux côtés de la frontière restent sous pression pour gérer le flux de migrants tout en s'attaquant aux implications plus larges de la crise.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 4 €/mois.
Devenir soutien