Au cœur de l'Argentine rurale, une tradition s'est développée avec l'arrivée du yuyero, un herboriste itinérant qui portait des paniers remplis de feuilles, de graines, de racines, d'écorce et de fruits. Ces individus étaient plus que de simples vendeurs; ils étaient les gardiens des connaissances anciennes, transmettant des remèdes enracinés dans la sagesse indigène bien avant que l'influence européenne ne façonne la médecine moderne.
Le yuyero était une figure familière dans les places de village et les marchés, sa présence marquée par l'appel rythmique de sa voix. Ses marchandises comprenaient des herbes connues pour leurs propriétés digestives, diurétiques et apaisantes. L'une de ces herbes, le romero ou le romarin, était couramment utilisée dans les infusions pour aider la digestion. Selon Florencio Molina Campos, écrivain et ethnographe renommé, le yuyero possédait une compréhension empirique des remèdes à base de plantes, tirant parti de générations d'expérience.
La pratique de l'utilisation d'herbes médicinales en Amérique du Sud remonte à des siècles, les premiers enregistrements apparaissant dans des ouvrages tels que Historia medicinal que trata de las cosas que se traen de nuestras Indias Occidentales, écrit par Nicolás Monardes en 1574.
Parmi les 16 herbes mentionnées dans l'article de La Nación, plusieurs se démarquent par leur pertinence. Le poleo, un type de thym, était souvent recommandé pour les problèmes respiratoires, tandis que la carqueja, un vert feuillu, servait de remède contre l'inflammation.
Florencio Molina Campos, dans son ouvrage El yuyero de las sierras, a souligné le rôle du yuyero comme un pont entre le passé et le présent. Il a écrit que le yuyero ne vendait pas seulement des marchandises, mais partageait des connaissances transmises par tradition orale. Ses descriptions décrivaient une image vivante du yuyero arrivant à cheval, chargé d'herbes aromatiques, et accueilli avec admiration par les citadins qui comptaient sur son expertise. Le yuyero était un symbole de résilience et de continuité, préservant les pratiques ancestrales même si la modernité empiétait sur la vie rurale.
Alors que moins de voyageurs parcourent la campagne avec des paniers d'herbes, de nombreuses familles continuent d'utiliser des remèdes traditionnels, en les mélangeant aux soins de santé modernes. Certains herboristes ont transformé leurs connaissances en entreprises, offrant des consultations et des produits basés sur des recettes séculaires. D'autres restent anonymes, soignant tranquillement les malades dans leurs maisons, tout comme leurs prédécesseurs avant eux. La popularité durable de ces herbes souligne une mémoire culturelle qui refuse de se faner, même si les nouvelles générations cherchent des moyens alternatifs de se connecter à la nature et à l'histoire.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 4 €/mois.
Devenir soutien