La dégradation des terres coûte beaucoup plus cher que la restauration, selon Amina J. Mohammed, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies, lors de son allocution à l'ouverture de haut niveau de la réunion de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (UNCCD) à Oulan-Bator, en Mongolie. S'exprimant lors du dialogue ministériel sur la résilience à la sécheresse, Mme Mohammed a souligné la nécessité urgente pour les nations de passer des efforts de restauration isolés à des stratégies nationales complètes soutenues par un financement stable et une gouvernance inclusive. Elle a souligné que jusqu'à 40% des terres mondiales sont dégradées, ce qui porte atteinte à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance, tandis que les sécheresses ont augmenté de 29% en fréquence et en durée depuis 2000.
En 2050, trois personnes sur quatre pourraient être confrontées aux conséquences de cette crise. La réunion de la CCNUCC, connue sous le nom de COP17, a réuni des représentants de près de 196 États membres pour discuter des mesures contre la désertification et la dégradation des terres. Plus de 70 pays ont créé des plans nationaux de lutte contre la sécheresse avec l'aide de la CCNUCC, mais le défi consiste à obtenir le soutien financier nécessaire pour donner vie à ces plans. Mme Mohammed a souligné que les pays ne devraient pas être tenus de rédiger des plans sans les moyens de les exécuter.
Elle a fait valoir que le financement doit être préétabli pour s'aligner sur les priorités nationales, soulignant que la terre saine est une infrastructure économique essentielle plutôt qu'une simple préoccupation environnementale. Dans une session distincte axée sur la finance, Mme Mohammed a souligné un manque important d'investissements mondiaux pour la restauration des terres. Les investissements annuels actuels s'élèvent à environ 77 milliards de dollars, bien en deçà des 355 milliards de dollars nécessaires chaque année. Le coût de l'inaction, a-t-elle averti, dépasse 878 milliards de dollars par an. 8 billions de dollars en avantages annuels, chaque dollar rapportant entre 7 et 30 dollars.
La dégradation entraîne une réduction des rendements des cultures, une augmentation des coûts alimentaires et une pression accrue sur les systèmes d'eau et d'énergie. La sécheresse aggrave ces problèmes, incitant les gouvernements à allouer plus de fonds pour l'aide d'urgence, les subventions et la reconstruction, tout en perdant simultanément les recettes fiscales et en augmentant la dette publique.
Les banques de développement multilatérales ont également été invitées à tirer parti de mécanismes tels que des garanties et des prêts concessionnels pour attirer les investissements du secteur privé, en particulier pour les petits agriculteurs et les entreprises locales.
Dans des régions comme le Sahel et le bassin du lac Tchad, où les conflits et l'instabilité compliquent encore les choses, la restauration des terres peut offrir aux communautés de nouvelles opportunités et un sentiment d'appartenance, contribuant potentiellement à la paix et à la stabilité à long terme. Mme Mohammed a également souligné l'importance d'impliquer les communautés locales, les agriculteurs, les éleveurs et d'autres personnes qui gèrent les terres dans les efforts de restauration.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 4 €/mois.
Devenir soutien