Le site **"Classés sans suite"** a connu un véritable pic de popularité depuis l'affaire Lyhanna, une jeune fille de 11 ans retrouvée morte dans le Gers après avoir été enlevée et torturée par un homme soupçonné d'être un prédateur sexuel. Cette tragédie a mis en lumière les lacunes persistantes du système judiciaire français face aux violences sexuelles, notamment envers les enfants. Depuis le 9 juin 2026, le site, conçu comme une plateforme d'archives citoyennes, a vu déposer plus de 6 000 témoignages, dont 2 500 plaintes "classées sans suite".
Ces chiffres montrent une tendance croissante, reflétant le ressentiment croissant des victimes et de leurs proches face à une justice perçue comme inefficace.
Les témoignages disponibles sur le site couvrent un large spectre de situations, allant des agressions sexuelles à l'inceste, en passant par les violences conjugales ou les abus dans des cadres scolaires ou sportifs. Ils proviennent de presque toutes les régions de la France, illustrés par une carte interactive marquée de points rouges dans 99 des 101 départements. Chaque point représente une histoire individuelle, souvent marquée par le sentiment d'être ignoré ou non écouté. Beaucoup de victimes racontent avoir abandonné l'idée de porter plainte en raison de la peur, de la honte ou de la méfiance envers les institutions.
D'autres décrivent des procédures initiées mais finalement abandonnées, des affaires prescrites ou des enquêtes clôturées sans poursuites.
Clémence Andrieux, membre du collectif, explique que l'objectif est de documenter les défaillances de la justice, de l'État et de la société face à ces violences. Ce projet s'inscrit dans un contexte plus large où les victimes se sentent marginalisées et non soutenues par les structures existantes.
L'affaire Lyhanna a exacerbé ces tensions. La jeune fille, dont le corps a été retrouvé avec l'ADN de son agresseur, a suscité une vive indignation nationale. Son cas illustre les défaillances du système judiciaire, notamment la difficulté à identifier et à sanctionner les auteurs d'abus. Selon une étude de l'Institut des politiques publiques, 86% des procédures pour violences sexuelles sont classées sans suite. De plus, selon les données du ministère de la Justice, environ 70% des dossiers de viol analysés en 2025 ont été clôturés sans poursuite, souvent en raison d'un manque de preuves suffisantes.
Le rapport 2024 de la Commission européenne pour l'efficacité de la justice montre que la France est l'un des pays les moins investis dans le domaine judiciaire en Europe. Avec près de 2 030 affaires traitées par procureur par an, la France dépasse de loin la moyenne européenne. Des eurodéputés comme François-Xavier Bellamy et Gérald Darmanin ont souligné le manque d'investissement dans le système judiciaire, soulignant son sous-financement par rapport à d'autres pays occidentaux.
Parallèlement, des discussions politiques et sociales s'intensifient autour de la nécessité d'une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Des manifestations organisées chaque lundi dans différentes villes demandent une réforme radicale du système judiciaire. Les participants brandissent des pancartes portant le mot "Classée sans suite", symbolisant leur frustration face à une justice perçue comme impuissante.
Les spécialistes soulignent que ces classements ne signifient pas nécessairement que les victimes ont menti. Les données du ministère de la Justice montrent que moins de 1,5% des plaintes pour viol en 2025 ont été associées à des poursuites. Cependant, cela ne remet pas en cause la gravité des violences subies, mais plutôt la capacité du système à répondre efficacement aux demandes des victimes.
Ainsi, le site "Classés sans suite" devient un lieu de rassemblement pour les victimes et leurs proches, offrant une plateforme pour exprimer leur souffrance et exiger des changements. À mesure que les témoignages s'accumulent, il devient clair que le mouvement s'élargit, alimenté par une volonté collective de mettre en lumière les lacunes du système et de pousser vers une réforme profonde. La question qui reste est de savoir si cette mobilisation trouvera un écho suffisant pour transformer les pratiques et les structures en place.
7 articles
France 24 (Français)Public / d’ÉtatCentreFactualité 90Objectivité 85il y a 16 j Après l'affaire Lyhanna, le site "Classés sans suite" cristallise la colère des victimes de VSSSuite au cas de Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée morte dans le département du Gers, le site web "Classés sans suite" est devenu une plateforme où les victimes de violences sexuelles partagent leurs histoires.
Lecture du biais (Centre): L'article présente des informations sur un mouvement social et une plateforme créée par des victimes de violences sexuelles sans favoriser ouvertement aucune position politique.Il rapporte des événements et des citations d'utilisateurs de la plateforme, mais ne présente pas de biais idéologique clair dans son langage ou son cadrage.
Pourquoi ces scores (Factualité 90 · Objectivité 85): This article provides clear and detailed information about the platform 'Classés sans suite,' including statistics and background on the Lyhanna case. It maintains a neutral tone while presenting victim testimonies.
LibérationIndépendantGaucheFactualité 85Objectivité 70il y a 27 j Affaire Lyhanna : «C’est l’état actuel de la justice qui a rendu ce meurtre possible»L'article parle de l'affaire Lyhanna, avec une citation suggérant que l'état actuel du système judiciaire a rendu possible le meurtre.
Lecture du biais (Gauche): Le cadre implique une critique du système de justice, qui s'aligne sur des perspectives de gauche qui mettent souvent l'accent sur les problèmes systémiques et les réformes.
Pourquoi ces scores (Factualité 85 · Objectivité 70): The article presents statements from individuals commenting on the state of justice but does not provide specific facts about the case itself. It leans towards criticism of the judicial system, which affects objectivity.
Le FigaroIndépendant🔒CentreFactualité 80Objectivité 70il y a 27 j Affaire Lyhanna : procureurs par nombre d’habitants, budget, délais... La justice française est-elle à la traîne derrière ses voisins européens ?L'article discute du rendement du système judiciaire français par rapport aux autres pays européens, en citant des données du rapport de la Commission européenne de 2024 basé sur des chiffres de 2022. Il souligne que les procureurs français traitent nettement plus de cas par an que la moyenne européenne, avec près de 2030 cas par procureur par an. L'article fait référence aux critiques du député européen François-Xavier Bellamy concernant le traitement chaotique de l'affaire concernant la disparition et la mort de Lyhanna, âgée de 11 ans, et mentionne les commentaires du ministre de la Justice Gérald Darmanin sur le sous-financement des fonds de la justice.
Lecture du biais (Centre): L'article présente des comparaisons statistiques et cite des responsables sans favoriser ouvertement aucun parti politique.
Pourquoi ces scores (Factualité 80 · Objectivité 70): The article discusses the minister’s admission of underfunding and mentions specific data from the European Commission report. However, it has limited content due to subscription restrictions and shows a slight focus on criticism of the system.
L'ExpressIndépendant🔒CentreFactualité 80Objectivité 65il y a 22 j Derrière l'affaire Lyhanna, les moyens de la justice en question : ces leçons venues d'EuropeL'article aborde l'affaire Lyhanna et pose des questions sur les ressources disponibles pour le pouvoir judiciaire, tirant des leçons de l'expérience européenne.
Lecture du biais (Centre): L'article semble présenter une discussion analytique sans favoriser ouvertement une partie, mais se concentre sur la mise en question des ressources judiciaires et sur la référence aux leçons européennes, ce qui suggère une approche équilibrée plutôt que d'une tendance idéologique claire.
Pourquoi ces scores (Factualité 80 · Objectivité 65): The article discusses the implications of the Lyhanna case on the justice system, referencing European lessons. It shows some bias by emphasizing systemic issues without balancing perspectives.
20 MinutesIndépendantCentreFactualité 70Objectivité 65il y a 26 j La justice et les magistrats sont-ils des boucs émissaires dans l’affaire Lyhanna ?L'article pose la question de savoir si le pouvoir judiciaire et les juges sont considérés comme des boucs émissaires dans l'affaire Lyhanna.
Lecture du biais (Centre): L'article ne fournit aucune information ou analyse spécifique concernant l'affaire Lyhanna, ni aucune position ou cadre particulier.
Pourquoi ces scores (Factualité 70 · Objectivité 65): The article questions whether judges are scapegoats in the Lyhanna affair but lacks substantial evidence or balanced perspectives. The tone is somewhat critical of the judiciary.
L'ExpressIndépendant🔒DroiteFactualité 70Objectivité 60il y a 19 j Affaire Lyhanna : le piège d’une justice dictée par l’émotion, par Jean-François CopéL'article aborde l'affaire Lyhanna, en se concentrant sur les préoccupations concernant un système de justice influencé par les émotions plutôt que par un jugement rationnel.
Lecture du biais (Droite): L'écriture suggère un scepticisme face à l'influence émotionnelle dans les procédures judiciaires, ce qui s'aligne sur les critiques conservatrices de la surétendue judiciaire ou de la sentimentalité dans le droit.
Pourquoi ces scores (Factualité 70 · Objectivité 60): The article presents a critical view of the judicial system from a political perspective, lacking detailed facts and relying more on opinion than verifiable information. The objectivity score reflects this biased framing.
Le FigaroIndépendant🔒Gaucheil y a 15 j L’éditorial de Laurence de Charette : «Face aux violences sexuelles, l’enfance abandonnée»L'article aborde le cas de Lyhanna, une jeune fille qui a été agressée sexuellement et tuée par un prédateur qui avait déjà été signalé aux autorités françaises mais a été ignoré. L'auteur critique le système judiciaire français pour ne pas avoir protégé les enfants vulnérables, le décrivant comme "aveugle et sourd" malgré son rôle supposé dans leur sauvegarde. L'article souligne la détresse émotionnelle des familles dont les enfants ont subi des destins similaires en raison de la négligence systémique et de l'inefficacité bureaucratique. Il se demande si de telles tragédies doivent atteindre des niveaux extrêmes avant que le système ne prenne des mesures.
Lecture du biais (Gauche): L'article critique vivement le système judiciaire français pour son incapacité à agir sur les rapports de mise en danger des enfants, en utilisant un langage chargé d'émotions comme "machine aveugle et sourde" et "terrible trahison".
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