Cette innovation, menée par des chercheurs du centre de recherche d'IBM à Albany, New York, marque un bond en avant majeur dans la miniaturisation, permettant à jusqu'à 100 milliards de transistors de s'adapter à une puce de la taille d'un timbre-poste.
Initialement formulé par le cofondateur d'Intel, Gordon Moore, en 1965, ce principe a guidé l'évolution des microprocesseurs. Dans les premiers jours, le premier circuit intégré, créé par Jack Kilby en 1958, contenait seulement quatre transistors et mesurait à peu près la taille d'un trombone. Dans les années 2000, les plus petites structures d'un processeur Pentium IV avaient été réduites à 100 nanomètres. Aujourd'hui, les puces modernes comportent des composants aussi petits que dix nanomètres, permettant d'emballer environ 20 milliards de transistors sur une surface de la taille d'un ongle.
Jusqu'à récemment, la principale méthode de réduction de la taille des transistors reposait sur l'utilisation de longueurs d'onde plus courtes de la lumière dans les processus de photolithographie. 5 nanomètres, permet la création de caractéristiques aussi petites que sept nanomètres. Cependant, à mesure que les transistors se rétrécissent au-delà de ce point, des problèmes de performance surviennent. Lorsque le canal conducteur à l'intérieur d'un transistor à effet de champ devient trop étroit, les courants de fuite augmentent, entraînant du bruit et des courts-circuits potentiels.
Pour surmonter ces limitations, les chercheurs d'IBM ont adopté une approche tridimensionnelle de l'architecture des puces. Au lieu d'organiser les transistors dans une disposition plate et bidimensionnelle, ils empilent plusieurs couches minces de matériau semi-conducteur verticalement. Chaque couche est entourée d'une électrode de porte, qui contrôle le flux de courant à travers le transistor. Cette conception permet un meilleur contrôle des courants électriques, réduisant considérablement les fuites indésirables. Elle permet également une disposition plus dense des transistors, augmentant le nombre qui peut être placé sur une zone donnée. Les transistors individuels ont eux-mêmes plusieurs nanomètres de taille, ce qui en fait l'un des plus petits jamais produits.
Cette avancée s'appuie sur des travaux antérieurs de la même équipe. Il y a cinq ans, IBM a introduit un prototype de puce utilisant une structure empilée similaire, atteignant une taille de fonctionnalité minimale de deux nanomètres et abritant 50 milliards de transistors sur une puce plus petite qu'un ongle. La récente percée représente une amélioration substantielle, démontrant la faisabilité de pousser la miniaturisation plus loin dans la gamme sous-nanométrique. Alors que la demande d'informatique plus rapide et plus efficace continue de croître, en particulier dans des domaines tels que l'intelligence artificielle, la robotique et les véhicules autonomes, des innovations comme celle-ci joueront un rôle crucial pour répondre aux futures demandes technologiques.
Le succès de la nouvelle puce d'IBM suggère que les architectures tridimensionnelles pourraient devenir une stratégie clé pour surmonter les contraintes physiques des conceptions bidimensionnelles traditionnelles.Les prochaines étapes impliqueront probablement l'intensification de la production et l'intégration de ces puces avancées dans des produits commerciaux.
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